Quelques jours à Lima

Quelques jours à Lima

En visitant le Pérou, je suis forcément passé par Lima, la capitale et même si les grandes villes ne sont généralement pas les plus sympa, il y a tout de même quelques endroits que j’ai apprécié visiter.

Se déplacer à Lima

Commençons par les sujets qui fâchent. Se déplacer à Lima est aussi compliqué que chez sa voisine colombienne. Les transports en commun sont encore plus une aventure car il n’existe pas de plan du réseau ou d’application comme à Bogota. Il y a bien quelques lignes de bus en zone propre mais elles desservent seulement une infime partie de la ville.

Des bus avec des voies dédiées à l’image du Transmilenio de Bogota

Si vous voulez vous rendre ailleurs, bon courage ! Même les Liménien.ne.s ne s’y retrouvent pas. La technique est de connaître les différents quartiers et les grandes artères de la ville puis d’ouvrir les yeux et de tendre l’oreille. Les arrêts principaux sont écrits sur les côtés des bus et criés par l’assistant du conducteur. Mais pour le touriste qui débarque et qui n’y connaît rien, cette technique ne peut s’appliquer. Pour quelques jours, cela permet de provoquer le contact et de demander votre chemin dans la rue, ce qui n’est finalement pas plus mal.

Vous pouvez aussi vous déplacez avec Uber ou bien en taxi. Mais attention avec ces derniers, car contrairement à Bogota, ceux-ci ne sont pas pourvus d’un compteur, veillez donc à bien négocier le prix avant de monter à bord.

Que faire à Lima ?

Soirée Couchsurfing au Eka Bar

Lorsque j’arrive dans une ville inconnue et que je souhaite rencontrer du monde facilement, j’ai souvent le réflexe Couchsurfing. Car ce site internet, au-déla de permettre la mise en relation entre des locaux disposant d’un canapé de libre avec des voyageurs cherchant à rencontrer du monde est aussi une plateforme proposant des évènements, comme des soirées. Une des plus classiques est la soirée autour de la pratique de langues. Cela se passe dans un bar, l’entrée est libre et c’est l’occasion de rencontrer du monde pour parler espagnol ou n’importe quelle autre langue pourvu que vous trouviez des partenaires. A Lima, cela se passe chaque jeudi soir, au Eka BarCalle Esperanza 375, Miraflores 15074, Peru. Je m’y suis rendu lors de ma première soirée à Lima. Je trouve que ce type de soirée est toujours très aléatoire. Parfois, je n’arrive pas à rencontrer des personnes avec qui le contact passe bien et les discussions ne décollent pas en dehors des questions classiques : qui es-tu ? d’où viens-tu ? où vas-tu ? qu’as-tu vu ? Mais comme je ne sais jamais à quoi m’attendre, je tente ma chance !

En arrivant, le premier groupe avec lequel je discute est anglophone et j’ai toujours des difficultés à accepter le fait que les anglophones à l’étranger ne parlent qu’anglais et ne cherchent que rarement à apprendre la langue locale, partant du principe que tout le monde parle anglais de nos jours. Je m’en vais rapidement de ce groupe pour aborder un deuxième groupe d’où proviennent quelques mots de français. Vous allez me dire que je reproduis le comportement des anglophones que je critique… Et bien pas tout à fait ! Ce deuxième groupe est composé de Péruvien.ne.s qui parlent tous plusieurs langues dont le français, soit parce qu’ils ont étudié en France, soit simplement parce qu’ils sont doués avec les langues. Je passerai une superbe soirée en leur compagnie à échanger, moi en espagnol et eux en français. A la fermeture du bar vers minuit, je les suivrais dans deux discothèques proposant chacune un concert différent. Je finirai la soirée à six heures du matin sans avoir bu une seule goutte d’alcool et en ayant la sensation d’avoir passée une soirée géniale. Mais bon j’espère que vous n’aviez pas besoin de ce témoignage pour savoir que l’on peut passer une bonne soirée sans alcool 🙂

Les Free Walking Tour

Je vous ai déjà parlé des Free Walking Tour à plusieurs reprises comme à Stockholm car c’est toujours une façon sympa de découvrir une nouvelle ville. Lima étant une ville immense, ce sont différents tours auxquels vous pouvez prendre part. C’est ainsi que j’ai visité deux quartiers de la ville, celui du centre historique autour de la place d’armes et celui de Callao, le vieux quartier colonial proche de l’aéroport. Le rendez-vous est généralement au parc Kennedy à Miraflores, du côté du Mac Donald.

Le centre historique

La place d’armes dans le centre historique

Je l’ai trouvé assez sale et défraîchi, comme laissé à l’abandon. Un Liménien m’expliquera que, malheureusement, la culture péruvienne ne prône pas la sauvegarde du patrimoine historique et que le meilleur moyen de construire quelque chose de nouveau est de laisser l’ancien à l’abandon, devenir une ruine, pour le raser et reconstruire par dessus. Triste réalité ! Le tour du centre historique est néanmoins intéressant et permet de découvrir de vieilles rues piétonnes et d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de Lima. Notre guide en profitera pour nous rappeler que le Pérou est régulièrement sujet à des tremblements et terre comme le démontre les écriteaux dans les restaurants et magasins expliquant que le bâtiment est à l’épreuve des séismes ainsi que le nombre de personnes maximum autorisées.

Rimac

A partir de la place d’armes, vous pouvez profiter d’un tour en bus à deux étages pour 10 soles. Vous aurez un aperçu un peu plus grand du centre historique mais surtout vous vous rendrez de l’autre côté du fleuve Rimac, sur une colline qui vous offre un superbe panorama sur l’ensemble de la ville.

Rimac, un quartier à flanc de colline dans le nord de Lima

Le bus passe tout juste aussi bien en largeur qu’en hauteur dans les vieilles rues étroites de Rimac

Une croix immense nous accueille en haut du mirador de Rimac

La ville s’étend à perte de vue

Rimac, un quartier haut en couleurs

Au loin, au niveau du Pacifique, on observe à la place une mer de nuages

Callao

Le tour commence sur la place principale de Callao. Je suis toujours agréablement surpris de la quantité de places dans les villes péruviennes. Ce sont toujours des lieux agréables où les personnes peuvent se réunir et profiter du beau temps comme ici.

Callao c’était le port d’entrée de l’immigration à l’époque où celle-ci se faisait par voie maritime. En vous baladant dans le quartier, vous pourrez observer de nombreux monuments ou fresques en mémoire des différentes vagues d’immigrations comme ici l’Italie.

Un quartier haut en couleurs avec de grandes fresques murales

Ou simplement des maisons peintes

Des rues piétonnes pour faire la fête et danser jusqu’au bout de la nuit

La plage de galets de Callao, où les immigrés ont fait place aux touristes

Miraflores

Durant mes nuits passées à Lima, j’ai logé dans le quartier de Miraflores. C’est un des quartiers les plus touristiques de Lima mais aussi quartier d’affaires puisqu’on y trouve de nombreuses grandes banques et entreprises. De ce fait, c’est un quartier très propre avec des bâtiments neufs contrairement (malheureusement) au centre historique. De ce fait, ce n’est pas un quartier qui se visite pour la beauté de ses rues et de ses bâtiments mais plutôt pour ses restaurants et bars/discothèques. C’est ici que vous trouverez la plus grande concentration d’auberges de jeunesses.

La nuit venue, le parc Kennedy s’anime pour le plus grand bonheur des touristes

Le bord de mer le long du Malecón

En descendant au sud de Miraflores, vous rejoindrez la côte. De là, vous aurez une superbe vue sur le Pacifique tout en vous marchant le long du Malecón, une promenade en hauteur bordée d’arbres et d’espaces verts.

Sur certaines artères, des espaces centraux permettent aux piétons de déambuler en tout sécurité

Vue sur le Pacifique

Le signe que nous sommes sous les tropiques

Un ancien phare sur le Malecón

Les meilleures plages du Pérou ne sont certainement pas à Lima

 

Je suis loin d’avoir visité tout les quartiers de Lima et ce que je présente ici n’est bien sûr qu’un rapide aperçu de ce qu’il est possible de faire et voir dans la capitale péruvienne.

Pluies torrentielles et inondations

Les derniers jours que j’ai passé à Lima, il n’y avait plus d’eau dans une grande partie de la ville. Cela était dû aux pluies torrentielles dans le centre et sud du Pérou ce qui a entraîné éboulements de terrain, évacuations et coupures d’eau. On pouvait voir dans les rues de la ville, des camions qui approvisionnaient au cas par cas certains immeubles chanceux disposant de citernes sur les toits. Pour l’occasion, il y avait aussi des piscines mais qui n’étaient pas destiné à la baignade.

Drôle de sensation que de passer quelques jours dans une ville aussi immense que Lima et dépourvue d’eau. De ce fait, de nombreux commerces et entreprises étaient fermés pour cause de chômage technique. Je n’ai même pas eu le droit à un jus d’orange dans un restaurant sous prétexte de la pénurie d’eau alors que le jus était marqué 100% naturel…

Ces situations imprévues permettent de se rappeler la chance que nous avons en France, d’avoir accès à de l’eau potable simplement en ouvrant un robinet.

Certains privilégiés pourront se doucher ce soir

Point d’eau éphémère dans la rue pour le ravitaillement

Le système D est de mise pour avoir accès à l’or bleu


J’espère que cet aperçu de Lima vous donnera envie d’y faire un tour au début ou à la fin d’un séjour au Pérou.

Avez-vous un autre lieu à recommander ?

Tarapoto, une ville au milieu de l’Amazonie

Tarapoto, une ville au milieu de l’Amazonie

Après le sud du Pérou, retour un peu plus au nord pour vous parler de la ville de Tarapoto, située au milieu de l’Amazonie, où j’ai eu l’occasion d’y passer pas mal de temps. J’y suis arrivé après mon périple de cinq jours en bateau en arrivant de la Colombie et j’y suis repassé après ma visite du sud du Pérou avec Marie. Tarapoto se situe à deux heures de bus de Yurimaguas. Cette ville comptait 118 000 habitants au dernier recensement en 2007. présente l’avantage de pouvoir s’y déplacer facilement et rapidement.

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans cette ville, c’est la facilité de se retrouver en pleine nature rapidement (moins de trente minutes de moto-taxi) ainsi que la taille de la ville qui permet de s’y déplacer plus rapidement tout en rencontrant facilement du monde.

En ville

La ville en soit ne présente pas grand intérêt hormis quelques parcs où il fait beau se reposer ou lire. On y retrouve une organisation des rues en carrées et à sens unique comme c’est le cas dans la plupart des villes que j’ai eu la chance de visiter que ce soit en Colombie ou au Pérou. Cela présente l’avantage de n’avoir à regarder que d’un côté lorsque l’on traverse en tant que piéton ce qui limite les risques d’accidents : rappelez-vous, le piéton n’est pas du tout prioritaire !!

La ville est le royaume des moto-taxis

J’ai apprécié de pouvoir manger végétarien facilement et à moindre coût, sans que cela rogne sur la qualité. J’avais mes petites habitudes au Mix Vegetariano, juste à côté de mon auberge qui proposait pour neuf soles une entrée, un plat principal et un jus frais.

Pour les Français en manque, Tarapoto c’est aussi plusieurs boulangeries françaises, dont une qui utilise ses bénéfices pour la construction et l’entretien d’un orphelinat « Panadero a Francesa Rayo de Sol »

Vous trouverez aussi plusieurs endroits qui vendent de l’artisanat local comme « Inti« , qui signifie soleil en quechua et qui se situe de l’autre côté de l’auberge Bambu.

Si vous désirez renouveler votre garde-robe, après plusieurs mois de voyages, c’est aussi le lieu pour cela avec une rue entièrement consacré aux magasins vendant des vêtements de seconde main à des prix défiants toute concurrence.

A l’extérieur de la ville

Quel plaisir de prendre un moto-taxi et de se retrouver rapidement en pleine jungle, au bord de l’eau ou en train de cheminer pour trouver une cascade.

Cascade de Ahuashiyacu

Si vous aimez les cascades, il y en a pour tout les goûts. Certaines sont accessibles facilement comme c’est le cas de la cascade de Ahuashiyacu. Elle se situe à trente minute de colectivo en revenant vers Yurimaguas. Il vous en coûtera cinq soles pour le trajet et six pour l’entrée sur le site. Un cheminement bétonné permet d’accéder au pied de la cascade. Qui dit plus accessible signifie forcément plus touristique !

Une forte affluence touristique

Heureusement, j’ai eu l’occasion de visiter deux autres cascades dont le trajet est beaucoup plus sauvage.

Cascade de Huacamaillo

Pour découvrir cette cascade, il vous vous rendre à San Antonio de Cumbaza, à environ trente minutes de Tarapoto. Pour vous y rendre, il faudra prendre une voiture et payer cinq soles jusqu’à Lamas puis une deuxième voiture pour cinq soles de plus jusqu’à San Antonio de Cumbaza. Vous pouvez aussi négocier avec le conducteur pour privatiser la voiture et vous rendre directement à San Antonio de Cumbaza en payant vingt à vingt-cinq soles. Ce que j’ai particulièrement apprécié avec cette randonnée, c’est que le chemin de terre nécessitait régulièrement de traverser à guet le cours de la rivière, pour arriver finalement à une cascade absolument sublime et déserte dont vous n’aurez pas de photo car je n’en ai pas pris !

Le fait de devoir chercher régulièrement son chemin afin de voir où celui-ci continuait sur l’autre rive, donnait un côté plus aventureux à cette randonnée. De plus, lorsque je suis arrivé à la cascade, j’étais en tête-à-tête avec elle et la nature environnante. J’ai ressenti un sentiment de liberté total, lorsque j’ai piqué une tête dans l’eau.

Des habitations intégrées au milieu de la végétation

Parfois on peut traverser la rivière au sec

Cascade du parc Alto Shilcayo

Le parc Alto Shilcayo est juste à côté de Tarapoto. Si vous logez dans le nord de la ville, vous pouvez même vous y rendre à pied (vingt minutes à partir du début de la route en terre), ou alors prendre un moto-taxi. A l’entrée, on vous demandera la somme de dix soles et la possibilité de faire appel aux services payants d’un guide, que pour ma part j’ai refusé. Vous pouvez aussi y louer des bottes pour éviter de vous faire mordre par les serpents. Je suis partie à l’aventure sans l’un ni l’autre en direction de la cascade. Là encore, le chemin traverse régulièrement la rivière, ce qui fut un réel plaisir. Le parc est si grand que l’on peut facilement y passer plusieurs jours et plusieurs nuits avec la possibilité de dormir dans le parc. Je me répète mais j’apprécie ces moments de communion avec la nature, le fait de pouvoir se balader librement sans devoir suivre quelqu’un, de prendre son temps, d’accepter de se perdre…

Urito wasi

Le dernier lieu en dehors de la ville que j’ai visité lors d’un après-midi sur un coup de tête. Pas de cascade ici mais la rivière et un affleurement rocheux au milieu où il fait beau de s’allonger comme on peut le voir sur la photo en-dessous. J’adore particulièrement l’opposition entre l’eau, éphèmère, qui ne reste qu’une seconde et la roche, là depuis la nuit des temps, mais aussi le fait que les deux soient étroitement liés et que l’action de l’eau forme le rocher tel que l’on peut le voir aujourd’hui. J’ai passé une après-midi très reposante à écouler la nature et particulièrement le bruit de l’eau autour de moi.


Lamas

Ce village à l’écart de la ville est sur la route pour San Antonio de Cumbaza comme je l’expliquais plus haut et accessible en voiture pour cinq soles. Hormis sa tranquillité, ses places secrètes et la nature autour, l’attraction principale de ce village depuis une dizaine d’années est son château, construit par un italien fortuné, et que l’on peut visiter pour 5 soles.

Quelque part autour de Lamas

Ayahuasca

Tarapoto est aussi connu pour ses cérémonies autour de l’ayahuasca. Ce breuvage à base de lianes aux propriétés psychotropes se prend sous forme liquide dans le cadre de rituels chamaniques ancestraux destinés à purifier le corps et à soigner certains maux. Je n’ai pas eu l’occasion de participer à une cérémonie malgré le fait que ce soit aujourd’hui très facile, moyennant finances. Mais je n’avais justement pas envie de m’en remettre à n’importe qui et je préfère attendre le moment opportun, une rencontre inattendue pour sauter le pas.

Se rendre à Tarapoto

  • en bateau de la Colombie, comme je l’ai fait de Santa Rosa à Iquitos en deux jours puis de Iquitos à Yurimaguas en deux jours et demi et enfin deux heures de bus de Yurimaguas à Tarapoto (10 soles en colectivo)
  • en avion : l’aéroport de Tarapoto dessert quotidiennement Lima, Iquitos et Pucalpa
  • en bus : vous pouvez rejoindre Lima en vingt-quatre heures ou alors rejoindre la côte au niveau de Trujillo et Chiclayo en passant par Moyobamba, Chachapoyas.

 

Il existe de nombreux autres lieux tous plus magiques les uns que les autres autour de Tarapoto et je n’ai malheureusement pas eu le temps de tout visiter. Si vous passez par le Pérou prochainement, n’hésitez pas à vous arrêter plusieurs jours à Tarapoto !

3 semaines dans le Sud du Pérou, épisode 3 sur 3 : Cusco, Machu Picchu, Wayna Picchu, Salinas, Vinicunca, Pisac

3 semaines dans le Sud du Pérou, épisode 3 sur 3 : Cusco, Machu Picchu, Wayna Picchu, Salinas, Vinicunca, Pisac

Episode 1 : http://www.enrouteversailleurs.com/3-semaines-sud-perou-episode-1-sur-3-ica-nazca-arequipa-canyon-colca/

Episode 2 : http://www.enrouteversailleurs.com/3-semaines-dans-le-sud-du-perou-episode-2-sur-3-puno-lac-titicaca-llachon-isla-taquile-islas-uros/

Suite et fin de ce périple dans le Sud du Pérou.

Cusco

Pour rejoindre Cusco, nous avions le choix entre deux horaires, de vingt-deux-heures et quatre heures du matin ou de huit heures et quatorze heures. Nous avons décidé de le faire de jour afin de passer une bonne nuit à l’auberge à Puno, mais aussi pour observer le paysage.

Pas d’erreur possible entre la campagne française et péruvienne, les troupeaux de lamas et leurs cousins alpagas remplacent nos bonnes vieilles bovines. Le climat est rude dans le sud du Pérou avec toujours des plaines arides, sans végétation haute et bordées régulièrement par les montagnes.

Doubler un autre véhicule en bus donne parfois lieu à quelques sueurs froides sur ces deux fois une voie…

En arrivant à Cusco, nous nous rendons à l’auberge Estrellita (Petite Etoile), que nous ont conseillé deux voyageurs rencontrés antérieurement. Pour quarante soles, nous avons une chambre privatif avec deux lits simples (salle de bain dans la cour) et un petit-déjeuner le matin servit entre sept heures et onze heures.

Le vent de contestation de Notre Dame des Landes souffle jusqu’au Pérou

Nous profitons des dernières heures de jours pour se mettre au parfum et visiter les rues de Cusco. Le centre-ville est charmant, avec sa place principale (Plaza de Armas), ses ruelles piétonnes et pavées. La ville est très propre, sûrement dû au tourisme massif et à la volonté de la municipalité de rendre attractif leur visite. Un guide rencontré quelques jours plus tard nous expliquera qu’en haute saison (l’été européen), tout les logements de la ville affichent complet et que certaines personnes dorment à la belle étoile sur les places de Cusco, attendant le petit matin pour se rendre au Machu Picchu. Nous sommes en basse saison et l’affluence touriste est moindre ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Les places principales au Pérou sont souvent très charmantes et bien entretenues

Le plafond d’un restaurant

Quel plaisir de se perdre dans ces petites rues piétonnes

Et ce n’est même pas le nom d’un bar

 


Machu Picchu et Wayna Picchu

Le départ le lendemain est à sept heures ce qui est une heure raisonnable par rapport à d’autres matins. Nous partons pour sept heures de bus, direction Hydro Electrica. En chemin, nous nous arrêterons deux fois, une première fois pour un rapide petit-déjeuner et une seconde pour un déjeuner à Santa Theresa. A Hidroélectrica, deux solution s’offrent à nous pour rejoindre Aguas Calientes, dernière ville avant le Machu Picchu : deux heures de marche le long des rails du train ou prendre le train mais qui est affreusement cher. Nous avons payé un tour à deux cents dollars pour le transport, l’intendance du premier jour, une nuit à Aguas Calientes et l’entrée au Machu et Wayna Picchu. La personne qui nous a vendu le tour nous a expliqué que l’aller se ferait en bus et le retour en train. Il s’est accordé de grandes libertés avec la réalité car le trajet entre Hidroélectrica et Aguas Calientes n’était pas inclus dans ce package. A nous donc les deux heures de randonnée sous la pluie. Marcher sous la pluie ne me déplaît pas totalement mais me faire avoir sur une prestation nettement plus.

On garde le sourire néanmoins

A intervalles réguliers, la sirène du train se fait ressentir et nous devons nous écarter rapidement de la voie pour ne pas finir écraser. Malgré les panneaux qui indiquent clairement qu’il est interdit de marcher sur les rails, chaque jour, des centaines de touristes les empruntent sous la houlette des tours opérateurs.
A deux reprises, nous devons passer dans un tunnel et lors du passage dans le deuxième, la sirène retentit, nous obligeant à courir dans le noir avant le passage du train. Pour le sérieux, on repassera ! Nous arrivons néanmoins sain et sauf à Aguas Calientes où nous retrouvons notre guide qui nous accompagne en groupe à notre hôtel pour la nuit. La gérante de l’hôtel ne nous trouve pas dans les réservations et nous avons bien du mal à demander de l’aide à notre guide car celui-ci est déjà reparti. Nous réussissons néanmoins à lui prouver notre bonne foi en lui montrant les documents de l’agence. Elle s’occupera de les appeler et nous laissera finalement une chambre pour la nuit…
Après ces quelques aventures, je commence à douter réellement des compétences de cette agence et à remettre en question cette visite du Machu Picchu en arguant que les lieux trop touristiques donnent trop souvent lieu à des prestations d’une qualité moindre.
Mais comme la nuit porte conseil, nous ne tardons pas à rejoindre Morphée. Le lendemain matin, réveil de bonne heure pour arriver dès l’ouverture du site à six heures du matin. A quatre heures quarante, nous sommes au contrôle des billets en bas derrière une queue de plusieurs dizaines de personnes. A cinq heures précises, les portes s’ouvrent et nous commençons l’ascension jusqu’au Machu Picchu. Une heure de montée à travers la forêt, aidés par des marches.

Nous sommes accompagnés par les nuages

Marie peine un peu et c’est moi qui la soutient (on verra que ça changera quelques jours plus tard, d’où l’avantage de voyager à deux). Nous arriverons finalement à six heures trente devant les portes du site. Nous montrons de nouveau pattes blanches avant de finalement accéder au Machu Picchu. Je fonce directement au Wayna Picchu et laisse Marie se reposer.

L’entrée du site est déjà bien encombrée

Le Wayna Picchu la tête dans les nuages

 

L’entrée de cette montagne qui surplombe le Machu Picchu est seulement autorisée pour deux cent personnes entre sept heures et huit heures et deux cent autres entre dix heures et onze heures. Je suis dans les premiers et rapidement je file seul vaincre la montagne. J’arrive au sommet avec une vue époustouflante à 360 degrés et cette sensation enivrante d’être seul au monde.

Les marches sont hautes ce qui oblige à monter à quatre pattes

Victoire !!

Une vue inoubliable

Je savoure ce doux sentiment de plénitude. Je ne m’attarde néanmoins pas trop et continue ma route vers un point encore plus éloigné et qui s’appelle la « Gran Cavern ».
Je suis seul et galope à travers la montagne avec une énergie incroyable. Le tour complet affichait quatre heures, il m’en faudra une heure trente. Contrairement à d’autres sites célèbres dans le monde, ceux-ci sont reculés, perdus au milieu de la jungle, coincés entre différentes vallées, ce qui ajoute une aura de mystère.

Le chemin fait une boucle et revient à flanc de falaise

En ressortant, je retrouve Marie qui m’a rejoint. Nous découvrons le Machu Picchu ensemble et y passons les quatre heures suivantes. Malgré l’affluence touristique, le site est immense et nous pouvons quand même nous promener tranquillement.

Quand on voit ce qu’il en reste, il est difficile d’imaginer un peuple vivre ici

Sympa la vue quand tu cultives ton potager sur ces terrasses

On y trouve même des panneaux pour préciser quand prendre une photo


Et au milieu coule une rivière

A treize heures, nous avons fait deux fois le tour et sommes tous les deux bien fatigués. Nous décidons de redescendre en bus (une route permet d’accéder directement au site sans prendre l’escalier à pied).

La route qui serpente est celle empruntée par le bus pour rejoindre l’entrée du site

En attendant notre train de dix-huit heures, nous passons l’après-midi dans un restaurant à se reposer, manger et boire…
Malgré son prix excessif, je ne regrette pas le choix du train. Le plafond est vitré et permet d’observer encore mieux le paysage même si nous n’en profiterons que quelques minutes avant la tombée du jour.
Le trajet se terminera entre deux sommeils et en débarquant du bus, nous rentrons directement à l’auberge pour y dormir.
En résumé, pour vous rendre au Machu Picchu à partir de Cusco, il existe trois options :
  1. la plus onéreuse : deux heures de bus entre Cusco et Ollantaytambo puis deux heures de train entre Ollantaytambo et Aguas Calientes (entre 120 et 180 euros A/R)
  2. le meilleur rapport temps/argent : sept heures de bus entre Cusco et Hidroéletrica puis deux heures de marche à pied (55 soles soit environ 15 euros A/R)
  3. le trek de l’Inca, que nous n’avons pas pu faire car c’était la saison des pluies et les premiers départs se font en mars-avril
  4. vous pouvez aussi mixer les différents transports comme nous l’avons fait : trajet aller avec la solution 2 et trajet retour avec la solution 1

Il nous reste quatre jours à passer à Cusco. Après la journée de la veille intense et physique, nous nous prenons une journée de repos et en profitons pour explorer plus en détail les rues de Cusco. On marchant au hasard, nous nous écartons du centre-ville et constatons rapidement que les rues y sont bien moins entretenues.

Maras et ses marais salants

Le lendemain, direction Urubamba en colectivo pour six soles par personne d’où nous rejoindrons le départ du chemin menant aux salines de Maras. Créés à l’origine par les populations pré-incas, elles sont toujours exploitées et permettent aux familles de la région (organisées en coopérative), d’avoir quelques revenus.

Vinicunca ou la montagne colorée

Cette montagne doit son nom à des couches de sédiments de différentes couleurs qui se sont superposées au fil des millénaires. La randonnée commence à 4000 mètres d’altitude et se termine à 5000 mètres. Ce site n’est exploité pour le tourisme que depuis un an environ ce qui fait que les guides de 2016 n’en font absolument pas mention. Les agences de voyage de Cusco ont la capacité d’être beaucoup plus réactives et chacune d’entre elles vous proposera un tour à la journée à la montagne colorée. Le départ se fait très tôt, vers trois heures trente du matin pour arriver au village proche de la montagne vers sept heures afin de profiter d’un petit-déjeuner. Nous démarrons le trek vers huit heures trente pour environ trois heures de montée. De la neige nous entoure lorsque nous commençons la marche.

Au premier replat, des dizaines de chevaux attendent gentillement ceux et celles qui voudraient effectuer l’ascension plus facilement. Ce service est proposé par les familles alentours et chaque cheval à son propriétaire attitré.

Depuis le réveil, je ne me sens pas bien et au bout de trente minutes, je réalise qu’il ne serait pas raisonnable que je continue. Les guides sont bien organisés et équipés d’oxygène et de talkie-walkie. Je n’aurais pas besoin du premier mais notre guide se servira du deuxième pour appeler le chauffeur resté au minibus et le prévenir que je redescends. Je rebrousse chemin tranquillement. Je profiterais des rangées de sièges vides pour dormir durant les quatre heures suivantes en attendant le retour des valeureux randonneurs. C’est Marie qui reviendra la première. Chacun son tour de faire des exploits sportifs !

Pisac et la vallée sacrée

Pour nos deux derniers jours avant de revenir à Lima, nous avons choisi de nous rendre à Pisac, un charmant petit village (selon le guide), avec un des marchés d’artisanat les plus réputés de la région, et point de départ de nombreuses randonnées. Là encore, nous prenons un colectivo pour nous y rendre et payons 4 soles chacun. Pisac est effectivement un charmant petit village, avec des rues pavées et un système d’évacuation des eaux de pluie au milieu qui créé un ruissellement que je trouve très sympa. Nous trouvons rapidement une auberge pour passer la nuit et payons 25 soles par personne.

Nous achetons de quoi faire des sandwichs et prévoyons de partir explorer les montagnes environnantes. Malheureusement, il y a un coût pour rentrer sur le site archéologique et le parc qui y mène. Il est impossible de payer une entrée unique et il est obligatoire d’acheter le billet touristique qui permet de visiter tout les sites de la vallée sacrée. Mais que vous en visitiez un ou six, le prix reste le même ce que nous trouvons dommage car nous n’aurons pas le temps de visiter les autres. Quelques gouttes de pluies achèvent de nous convaincront de rebrousser chemin et nous finirons la journée au sec à l’auberge avec quelques escapades dans la ville.

Les nouveaux chiens de garde

Notre nouveau pote

Bienvenue à Pisac (c’est le carnaval)

Le lendemain, nous reviendrons directement récupérer nos sacs à l’auberge de Cusco pour avancer notre billet de bus pour Lima d’un jour et quitter le froid et la pluie.

 

3 semaines dans le Sud du Pérou, épisode 2 sur 3 : Puno, lac Titicaca, Llachon, Isla Taquile, Islas Uros

3 semaines dans le Sud du Pérou, épisode 2 sur 3 : Puno, lac Titicaca, Llachon, Isla Taquile, Islas Uros

(Avant de commencer la lecture de cet article, n’oubliez pas de lire celui sur Ica, Nasca, Arequipa et le canyon de Colca)

Sur la route entre Chivay et Puno, nous croisons de nombreux troupeaux de lamas et d’alpagas

Le trajet de six heures de bus entre Chivay et Puno finit de nous épuiser et lorsque nous débarquons à vingt heures, nous ne nous sentons pas très bien. Nous sommes à présent à 3812 mètres d’altitude, sur les bords du lac Titicaca. Nous hélons un taxi en lui désignant l’adresse de la première auberge du Lonely Planet. Le temps de faire les démarches d’enregistrement à l’accueil et nous pouvons profiter de bons lits bien douillets avec des couettes (la température extérieure est de 6 degrés). Deux heures plus tard, un groupe de jeunes arrive dans le dortoir en allumant la lumière et en parlant comme s’ils étaient seuls au monde. Situation qui peut paraître courante dans ce type d’hébergement mais qui ne m’étais pas encore arrivé depuis le début de mon voyage trois mois et demi plus tôt… Et comble de malchance, ce sont des français… Triste réputation !! Nous réussissons néanmoins à nous endormir…

Capachica, Chifron et Llachòn

Le lendemain matin, nous décidons d’un commun accord de ne pas profiter du lac Titicaca via un tour opérateur mais de nous débrouiller par nos propres moyens et en lisant bien attentivement le Lonely Planet. Direction donc les bords du lac, près du marché de Puno afin de prendre un colectivo direction Capachica, à 1h20 de route et ce pour la modique somme de 5 soles par personne. Sur place, nous déjeunerons d’un repas simple mais copieux à base de soupe de légumes (spécialité péruvienne) ainsi qu’une assiette de riz légumes poulet/omelette (au choix) qui nous coutera 5 soles supplémentaires chacun.

Afin de digérer, nous marchons jusqu’à la plage de Chifron qui selon le panneau se trouve à 1,8km.


Une foule immense est en train de jouer à des sports collectifs au rythme de musiques sortant de différentes sonos. Ce sont des groupes de jeunes et d’enfants, probablement là pour profiter des derniers jours de vacances.

La plage de Chifron

Nous ne nous attardons pas et retourner dans le centre de Capachica, juste au moment où un bus pour Llachòn, notre destination finale, arrive. Nous y montons et nous retrouvons entourés de Péruviens et Péruviennes en costumes et chapeaux traditionnels… Ils indiquent ceux qui sont mariés de ceux qui sont célibataires.

Il y a des chapeaux pour tout les goûts

Les pompons que l’on trouve au bout des tresses des péruviennes, n’ont qu’une fonction décorative

Durant le trajet de quarante-cinq minutes, nos voisins descendent petit à petit et nous descendons sur la place du village de Llachòn, nous sommes seuls.

La place du village de Llachòn et son église

Les épouvantails de Llachòn

Nous empruntons la route de terre que le chauffeur nous indique pour nous élancer à travers la découverte de la presqu’île. Nous ne croisons pas âme qui vive et cela fait du bien. Au détour d’un virage, nous empruntons un petit chemin fait de pierres qui nous semble destiné.

Un chapeau avec un panneau représentant un randonneur

Le chemin serpente à travers les collines et nous commençons à ressentir les effets de l’altitude. Chaque pas nous essouffle et nous prenons donc notre temps. L’impression de silence qui nous entoure est enivrante. Nous sommes tellement seuls que l’on en vient à se demander s’il n’y a pas un problème…

Quelques maisons sans vies ici et là

 

Cultures en terrasse

 

« Attention troupeau de poncho »

Pisciculture dans les eaux du lac Titicaca

Le paysage est bien façonné par la main de l’Homme

Nous croisons néanmoins quelques personnes

Clin d’oeil de la nature « faites l’amour pas la guerre »

 

Chaque maison possède un numéro peint en blanc sur les murs de terre

Quelques ports avec des bateaux en attente d’une sortie sur le lac

Après environ deux heures trente de marche, nous atteignons un village et suivons le panneau « Casa de Félix » dont nous avions lu des bons commentaires dans le guide.

La Casa de Félix, un petit coin de paradis

Là encore, il n’y a personne et nous sommes obligés de nous annoncer à plusieurs reprises avant de trouver une femme qui nous accueille. L’endroit est paradisiaque, silencieux et avec une superbe vue sur le lac. La chambre est propre et bien équipée.

La demi pension nous revient à 55 soles par personnes. L’accueil est au top, le repas excellent et Félix nous propose même d’en reprendre… Nous passons une nuit reposante et calme !

 

Le chapeau pour les femmes célibataires

Les chapeaux pour les femmes mariées

Isla Taquile

Le lendemain, après un bon petit-déjeuner, nous partons pour « Isla Taquile », qui se trouve à une heure de bateau. Il n’y a malheureusement pas de navette et nous payons 90 soles pour un bateau privé.

En route pour Taquine

« Bienvenue à Taquile »

Là encore des petits ports de pêche

Après nous être acquittés de la taxe touristique de 8 soles à destination des communautés locales qui entretiennent l’île, nous suivons le chemin de pierre qui la traverse. Nous constatons immédiatement que l’affluence touristique y est plus importante, que ce soit à travers les groupes que nous croisons, les vendeurs et vendeuses à la sauvette (quasi majoritairement des femmes et des enfants) nous proposant de l’artisanat local ou les mendiants, quémandant leur pièce.

De nombreuses arches jalonnent les chemins de l’île


Recyclage

L’île est néanmoins charmante et le temps agréable. Nous croisons plusieurs restaurants déjà pleins et poursuivons notre route jusqu’à en trouver un vide avec toujours une vue sympa sur le lac.
Au menu pour 15 soles chacun, en entrée, toujours une soupe à base de quinoa et de légumes, ce plat typique du Sud du Pérou que j’apprécie bien, et en plat principal, une truite ou une omelette accompagnés de riz et de légumes… Repus, nous continuons le chemin pour arriver sur la place principale.

Les costumes traditionnels de l’île de Taquile

Sur la place principale, une coopérative vend de l’artisanat local

Nous commençons alors à cherchons un logement chez l’habitant. La plupart des touristes qui logent sur les îles du lac Titicaca, le font dans le cadre d’un tour organisé. Afin que la manne financière bénéficie au plus grand nombre, les touristiques sont répartis à tour de rôle entre les familles. N’étant pas venus dans le cadre d’un tour, nous ne savons pas à qui nous adresser et pensions demander aléatoirement dans la rue. Après quelques tentatives infructueuses, nous arrivons finalement chez Jésus qui nous propose le logement et la demi-pension pour 45 soles. Le logement est spartiate mais fonctionnel.
Après une rapide sieste, nous faisons de nouveau travailler notre cardio en finissant l’exploration de l’île en nous rendant à son sommet ce qui nous permet d’admirer une vue panoramique à 360 degrés ainsi que les vestiges d’un temple en ruine.

La magie des constructions anciennes

Le soir, nous partagerons notre repas avec un groupe d’italien et je me redis encore une fois que décidément cette langue est très sympa à écouter. N’ayant pas grand chose à faire le dîner, nous ne tardons pas à nous coucher et le lendemain, dès neuf heures, nous sommes prêts à partir. Nous rejoignons l’embarcadère pour prendre le ferry qui nous ramènera à Puno. Trois heures de bateau à une vitesse d’escargot, cela permet d’observer le paysage ! Nous retrouvons notre auberge où nous avons laisser nos sacs, en espérant ne pas recroiser nos français sans gênes.

Au moment du départ, le moteur cale, le capitaine trifouille deux trois trucs et c’est reparti…

Par moment, notre capitaine pique du nez

Les îles Uros

Pour notre dernière journée sur les bords du lac Titicaca, nous nous dirigeons vers les îles Uros. Ces îles artificielles flottantes en roseaux furent construites afin de lutter contre l’oppression Inca, la tribu voisine, à partir du 13ème siècle. Les derniers Uros ont disparu dans les années 1950, laissant la place aux Aymaras de Puno, ayant sentis le filon touristique. Elles sont aujourd’hui l’une des attractions principales du lac Titicaca en profitant de leur aspect curieux pour attirer les touristiques du monde entier. Changement de tactique, entre désir d’isolement puis d’attraction… Il n’y a donc aujourd’hui plus grand chose de naturel là dedans même si cela reste quelques chose d’assez surprenant. Il faut voir ces îles plutôt comme un musée en plein air. En posant le pied sur l’île, on s’enfonce légèrement. La base est constituée de blocs de racines de plusieurs mètres carrés sur lesquelles on dispose des couches entrelacées de roseaux de plusieurs mètres d’épaisseurs. Ces derniers seront remplacés régulièrement, les couches inférieures pourrissant au contact de l’eau et du temps.

Le nombre de bateaux démontre la présence du tourisme sur le lac Titicaca

Les miradors servent à communiquer d’une île à l’autre

Un petit trou au milieu de l’île pour pêcher

Démonstration de la construction des îles

La cuisine se fait sur des supports afin de ne pas brûler les îles

Puno

La ville de Puno est très sympa à visiter avec ses petites rues où se perdre et ses places animées et pleines de vies.

La place d’armes et son église

Une partie de Puno vue du lac Titicaca

De nombreuses marchandes vendent des fruits dans la rue sur des petites carioles

« Zone sécurisée en cas de séisme », inscription que l’on trouve dans de nombreux endroits publics

Dans le prochain et dernier épisode : Cusco, le Machu Picchu et le Wayna Picchu, Salinas (mine de sel à ciel ouvert), la vallée sacrée, Vinicunca (la montagne colorée) et Pisac…
3 semaines dans le Sud du Pérou, épisode 1 sur 3 : Ica, Nazca, Arequipa et le canyon de Colca

3 semaines dans le Sud du Pérou, épisode 1 sur 3 : Ica, Nazca, Arequipa et le canyon de Colca

J’ai passé les dernières semaines dans le sud du Pérou avec Marie, une amie de France venue me rendre visite pour trois semaines de vacances. Changement de rythme, à la fois parce que nous avions un timing défini mais aussi parce que le sud du Pérou est beaucoup plus touristique que le nord et l’Amazonie. Je n’ai donc pas eu le temps de vous poster des nouvelles régulièrement et vous allez donc avoir de la lecture dans les jours à venir.

Avant de retrouver Marie à l’aéroport de Lima, j’ai effectué 24 heures de bus, passant de la forêt amazonienne, aux Andes où j’ai aperçu de la neige en altitude pour finir dans les plaines arides et semi-désertiques de la côte péruvienne avant d’arriver dans la jungle, urbaine cette fois-ci, de Lima.

Difficile de se croiser sur le chemin de terre que nous avons emprunté durant une partie du trajet entre Tarapoto et Lima

Nouvelle capitale, nouveaux systèmes de transports, nouveau combat. Cette ville est comme sa voisine colombienne, tout aussi désorganisée au niveau des transports en commun. C’est même pire car il n’y a aucun plan et aucune application pour aider le pauvre touriste que je suis à se retrouver dans cette mégapole de 10 millions d’habitants… Une seule solution, demander son chemin et faire confiance. Le trajet pour l’aéroport est un vrai parcours du combattant. Une fois dans le bon bus je ne mettrai pas moins d’une heure et demie à retrouver Marie. Une foule compacte avec des pancartes attend famille ou clients.

Le trajet du retour nous prendra près de deux heures car non seulement il y avait toujours autant de circulation mais je ne savais pas exactement où m’arrêter.

Pour ces trois semaines de voyage, Marie nous a concocté un petit programme et dès le lendemain matin, après une bonne nuit de repos, nous prenons un bus de la compagnie Cruz del Sur pour nous rendre à Ica, à 4h30 de route. Ica est connu pour son oasis Huacachina perdue au milieu du désert et entourée de dunes de sables gigantesques. Pour vous y rendre à partir du terminal de bus d’Ica, prenez un taxi ou une mototaxi, il vous en coûtera 8 soles. En arrivant, on ne peut manquer l’attraction principale du lieu : les tours en buggy au milieu des dunes dont les rabbateurs ne manquent pas de nous faire l’apologie. Cependant, cela ne nous intéresse pas et passons notre tour. L’endroit est effectivement surprenant avec un plan d’eau bordé de quelques maisons toutes consacrées aux touristes ou pour loger les personnes qui travaillent avec/pour eux. Et derrière ces maisons, ces dunes immenses qui donnent l’impression d’un mur ! Nous trouvons une auberge de jeunesse correcte sur les bords de l’oasis pour 25 soles la nuit en dortoir de 8 lits. Nous pouvons même laver du linge pour 5 soles le kilo.

Nous profitons de cette fin d’après-midi pour aller découvrir les environs et escalader la dune… Plus nous nous élevons et plus nous constatons l’étendue du désert et l’étroitesse de l’oasis coincée au milieu. Nous découvrons en même temps la pollution engendrée dans ce lieu qui devait être magnifique à la base mais que la mondialisation et le tourisme de masse ont transformé en un désert de plastique.

Huacachina, quelques maisons au milieu d’un désert de sable

Et lorsque l’on prend de la hauteur, des dunes de sable à 360 degrés

Quel dommage de voir ce lieu si pollué !

A cela s’ajoute la pollution sonore avec les dizaines de buggys qui s’amusent entre les dunes en détruisant à la fois le paysage et le quiétude des lieux… Dommage !

L’autre attraction du coin c’est le sandboard ou surf sur dune… Plus silencieuce fort heureusement ! Le sable est si fin qu’il donne une sensation de glisse plus ou moins identique à la neige. C’est drôle de voir des magasins de location de snow et ski comme à la montagne, des cours avec moniteur en pantalon de ski et des personnes dévaler les pentes abruptes des dunes.

Nous repartirons le lendemain un peu déçus de cet oasis, bien loin de l’image idyllique que nous nous en faisions.

Au petit matin, l’oasis a retrouvé sa tranquillité le temps de quelques heures

Direction Nazca de nouveau en bus, de nouveau avec Cruz del Sur. Cette compagnie propose des transports par voie terrestre dans des bus ultra-modernes : sièges confortables, prises pour charger son téléphone en USB, écran de TV personnel avec une sélection de films comme dans les avions, repas à bord, hôtesse ou steward à notre disposition…

Le trajet entre Ica et Nazca dure 2h30. Le paysage est surprenant, nous longeons toujours la côte et apercevons parfois l’océan Pacifique sur notre droite. Le reste du temps, nous sommes au milieu d’une plaine minérale avec au fond sur notre gauche des montagnes.

Nous croisons parfois quelques villages qui ajoutent un peu de vert au tableau

En arrivant à Nazca, il est midi et nous prévoyons de repartir directement pour Arequipa dès le soir. Nous achetons nos billets, ce qui nous donne le droit de déposer nos sacs en consigne avant de partir explorer la ville et ses alentours. Célèbre pour ses géoglyphes, ces dessins aux origines mystérieuses visibles seulement du ciel, Nazca propose des tours en avion afin de mieux les observer. Là encore, nous décidons de ne pas céder à la tentation du tourisme de masse et partons à 20 kms à l’écart de la ville d’où l’on peut accéder à une plateforme perchée à dix mètres de haut et observer les 3 principaux géoglyphes, l’araignée, la main et le lézard. L’illusion est atteinte grâce au dégagement des pierres en surface qui laissent entrevoir le sol plus clair en dessous dessinant des formes animales pour la plupart. Le mystère réside dans le fait qu’à l’époque, ils n’avaient à priori pas les moyens de voir le résultat, vu du ciel et donc de savoir ce qu’ils faisaient… A moins que ces civilisation ancestrales étaient plus évolués que nous malgré ce que l’on veut nous faire croire. Quoi qu’il en soit, je suis content qu’il existe encore des mystères dans notre monde devenu si cartésien, si scientifique…

« La main »

« L’araignée »

Nous terminons la journée en déambulant dans les rues de la ville où tout nous rappelle ce qui fait la notoriété de l’endroit, via des sculptures dans les rues, sur les murs des restaurants…

A 22h, nous revenons au terminal de bus. Comme nous allons passer la nuit dans le bus, nous avons opté pour la première classe aux sièges plus larges et plus inclinables. Au matin, le constat est sans appel, on y dort mieux !

En sortant du terminal de bus d’Arequipa, une femme nous interpelle en nous montrant une carte de la ville. N’ayant absolument aucune idée de là où nous allons dormir le soir, nous l’écoutons. Elle travaille pour une agence de voyage qui organise des tours au canyon de Colca, l’attraction du coin et accessoirement l’un des plus grands canyons du monde. Ce qu’elle nous propose nous semble honnête et nous avons un bon feeling. Nous lui achetons donc un trek de trois jours, deux nuits… Elle nous indique en prime une auberge moins chère que celles inscrites sur le guide (Santa Catalina : 40 soles la chambre privée avec douche et toilettes extérieures) et nous offre le taxi pour nous y rendre. Cela nous fait toujours quelques soles d’économisés.

Il est huit heures du matin et nous avons toute la journée devant nous pour explorer la ville avant le départ le lendemain matin à 3h30. Nous profitons d’un « Free walking tour » dont le concept a fait ses preuves dans de nombreuses villes du monde : des passionnés vous proposent de vous faire découvrir leur ville hors des sentiers touristiques à base d’histoire et d’anecdotes drôles ou insolites. Le tour se termine généralement autour d’un verre dans un bar sympa de la ville. Aucune rétribution n’est demandée sinon ce qui vous fait plaisir… Arequipa est une ville avec un centre historique composé de maisons coloniales où il est agréable de se balader.

La place principale d’Arequipa, qui se nomme « Plaza de Armas », comme dans la majorité des villes du Pérou

Notre guide nous fait découvrir le marché de la ville et quelques-unes de ses spécialités : jus de fruits à base de grenouilles, les foetus de Lama pour vos rituels…

Mais vous pouvez aussi simplement demander un jus de fruits frais sans grenouille…

 

Je suis bien content de ne plus manger de viande quand je me balade dans ce marché…

 

Foetus de lama pour vos rituels

 

Après une courte nuit, nous embarquons à trois heures trente dans un minibus en compagnie d’une quinzaine d’autres touristes pour trois heures de route direction le canyon de Colca. Je n’arrive pas à dormir et observe petit à petit le jour se lever autour de nous… A un moment donné, notre route est bordée de neige de part et d’autre et j’apprendrai plus tard dans la journée que nous avons passé un col à 4900 mètres d’altitude soit plus haut que le Mont Blanc. Spectacle grandiose !

Dans le Sud du Pérou, les feuilles de coca accompagnent souvent les petits-déjeuners, afin de lutter contre le mal de l’altitude

Nous faisons une pause à Chivay, le temps de nous rassasier d’un petit déjeuner avant de reprendre la route pour rejoindre le point de départ de notre trek. Les nuages nous entourent, nous sommes à 3000 mètres d’altitude, il fait frais et je n’aurai jamais pensé trouver ces températures là durant mon périple sud-américain. Les guides nous séparent en deux groupes ceux de deux jours et ceux de trois jours. Nous partons avec Juanito à travers la brume. Pour nous rassurer, il nous promet que cela va se dégager et nous explique qu’il travaille ici depuis six ans. Notre objectif du jour est un village situé 1000 mètres plus bas au creux du canyon. Nous continuons la descente toujours entourés par les nuages, avec Juanito qui continue de nous rassurer sur leur départ imminent… Je commence à douter de ses promesses quand soudain effectivement, le fond du canyon se dégage pour nous laisser admirer le paysage. Les nuages forment toujours un chapeau au dessus de nos têtes si bien que nous avons l’impression d’être dans un autre monde. Les vols de condors passant en-dessous puis au-dessus de nous viennent ajouter à la beauté des lieux.

Sur les coups de midi, nous arrivons au village de San Juan, où un bon repas nous attend. La qualité est proportionnellement à l’opposé de la quantité, ce qui en soit est parfois gage de qualité lorsque l’on aime le gastronomique mais moins après une marche sportive. Après ce repas frugal, le groupe de deux jours continue sa route tandis que nous avons l’après-midi pour nous reposer et admirer le paysage. Étant en saison basse, il n’y a pas beaucoup de fréquentation et c’est bien agréable. De nombreuses maisonnettes vides témoignent de l’affluence des grands jours.

Le chemin n’étant quasiment pas balisé, le tour organisé est une bonne chose. De plus, en comparant les prix à l’unité des chambres et des repas dans les villages où nous arrêtons, je constate que la somme déboursée n’est pas énorme : 125 soles comprenant le transport, 3 jours de trek avec guide, 2 nuits, 3 petits-déjeuners, 2 déjeuners et 2 dîners…

Salle de bain extérieure

Le lendemain, après un rapide petit-déjeuner, nous repartons sur les coups de 9h vers notre deuxième destination, l’oasis de Sangalle. Le chemin commence par du plat en fond de canyon en longeant les systèmes d’irrigation existants. Sur le flanc opposé, nous apercevons leur équivalent antique et je ne peux m’empêcher d’être admiratif de ces techniques ancestrales.

Système d’irrigation actuel

 

Système d’irrigation ancien

 

Pont de bois artisanal pour traverser la rivière dans le fond du canyon

Après une rapide montée d’une quinzaine de minutes, nous arrivons à l’entrée d’un village où le chemin traverse un petit magasin qui vend le nécessaire pour randonneurs voire même quelques extras surprenants sur un trek : des bouteilles d’alcool fort et des cigarettes… C’est un enfant qui tient l’échoppe et Juanito notre guide, par habitude des réactions des occidentaux, nous expliquera plus tard que c’est normal dans ces coins reculés, que ce sont les vacances et qu’il a lui aussi été vendeur durant son enfance.

Le chemin continue à flanc de colline en traversant ce village puis finira par redescendre vers l’oasis se trouvant au fond du canyon.

Place de village typique avec son église

A la différence des villages précédemment traversés, l’oasis est un endroit entièrement artificiel, construit pour l’accueil des touristes. Des piscines sont à notre disposition mais malgré l’aspect paradisiaque des lieux, je suis encore déçu de ne pas trouver une oasis digne de ce nom, telle que je pouvais en avoir l’image en tête.

Dans l’après-midi, il se met à pleuvoir et nous sommes contraints à la lecture forcée. Je résiste toujours à la liseuse, préférant le contact du papier à un énième objet électronique nécessitant de surcroît de l’électricité. J’échange donc mes livres dans les auberges ou avec d’autres voyageurs.

Ce qui nous attend le lendemain matin

Le départ le lendemain matin est à quatre heures trente pour 1100 mètres de dénivelé positif… Autant dire qu’à 21 heures nous sommes déjà au lit.

Les yeux encore endormis, nous retrouvons le reste du groupe afin de démarrer tous ensemble. Nous commençons l’ascension à la suite de Juanito qui mène la marche. Il fait encore nuit et nous progressons à la lampe frontale. Rapidement, nous partons devant avec Marie, voulant garder notre rythme… Au-fur-et-à-mesure que nous prenons de la hauteur, le soleil se lève et le ciel se dégage nous laissant admirer une dernière fois le canyon dans toute sa splendeur. Deux heures trente plus tard, nous voici au sommet où nous achetons des barres de chocolat pour reprendre un peu d’énergie… Le gros avantage des endroits touristiques, c’est qu’il y aura toujours à boire et à manger aux endroits stratégiques.

Les fruits les plus à droite sont ceux du cactus, qui n’ont pas vraiment de goût mais qui se laissent manger

 

Victoire !

Nous rejoignons d’autres groupes pour partager un dernier petit-déjeuner avant de reprendre la route du retour. Sur le trajet, nous nous arrêterons deux nouvelles fois : la première fois pour admirer le canyon d’un autre endroit et la deuxième fois pour profiter de sources chaudes…

De retour à Chivay, nous laissons le reste du groupe qui rentrera à Arequipa tandis que nous prenons un bus pour Puno. C’est un bus touristique ce qui signifie que nous avons quelques informations durant notre trajet sur notre environnement et les endroits traversés. Nous croiserons des troupeaux de lamas et leurs cousins alpagas sur les plaines arrides et désertiques.

Plus d’excuses pour ne pas savoir la différence

Dans les articles suivants, je vous en dirais plus sur le lac Titicaca et ses îles, ainsi que Cusco et son célèbre Machu Picchu et la vallée sacrée.

Volontariat à Leticia en Amazonie

Volontariat à Leticia en Amazonie

Après un premier volontariat à Minca, suivi de quelques semaines de tourisme entre Carthagène, Bogota et ses environs, j’avais envie de donner de nouveau de mon temps. J’ai découvert l’organisation Habitat Sur grâce à une personne rencontrée à Caux en Suisse, l’été dernier, dans le cadre d’un autre programme de volontariat.

Habitat Sur est une organisation située à Leticia, au sud-est de la Colombie, au milieu de la forêt amazonienne. Pour s’y rendre, à partir de Bogota, une seule solution, l’avion.

L’aéroport de Leticia c’est un peu comme celui de Port Vila au Vanuatu (40000 habitants dans ces deux villes), à peine descendu de l’avion, en une centaine de mètres, nous nous retrouvons dans le terminal de sortie. L’atmosphère est à nouveau chaude et humide, comme sur la côte Caraïbe. Les bagages arrivent rapidement et sont déposés sur l’unique tapis roulant qui commence à montrer des signes de faiblesse. Avant de sortir, il nous faudra nous acquitter d’une taxe touristique de 30 000 pesos.

En sortant de l’aéroport, quelques taxis nous proposent de nous emmener dans le centre-ville. Il n’y a pas de bus mais on peut s’y rendre à pied en une vingtaine de minutes.
Je partage un taxi avec deux français rencontrés à la sortie de l’aéroport et cinq minutes plus tard, nous arrivons dans le centre ville. J’ai une vague idée de comment me rendre à l’association grâce à Nathalie, qui habite en Suisse et sert de relais « internet », profitant d’une connexion régulière. Je demande un complément d’informations dans deux auberges afin de pouvoir comparer les réponses. Je dois me rendre à un parc d’où partent les bus. Si vous souhaitez développer des compétences en autonomie, prise de décision ou tout simplement sortir de votre zone de confort, je ne peux que vous conseillez des pays comme la Colombie.

« Seulement transports collectifs »

(A partir de là, je ne vous en dis pas plus, si vraiment vous souhaitez donner un coup de main, vous pouvez prendre contact avec les membres de l’association via leur site web)

Habitat Sur

Lorsque j’arrive sur place je rencontre les 4 personnes qui y vivent en ce moment : le couple fondateur, Adriana (colombienne) et Hervé (suisse), qui habitent ici à l’année et un autre couple de Suisse, Heidi et Christophe, qui sont venus donner un coup de main durant six mois.
Je tombe immédiatement sous le charme des lieux, des constructions intégrées dans la végétation et de tous ces d’arbres et ces plantes incroyables qui nous entourent… Chaque recoin est un trésor d’imagination et de récupération : de la récupération dans tous les sens mais avec un aspect très sympa et pas du tout fait à la va-vite.

Vestiges de voitures qui servent aujourd’hui de bac à fleurs

Une lagune qui se remplit et se vide en fonction des précipitations

Vue sur la jungle

La maison d’Adriana et Hervé

Lieu de vie des volontaires

Nuit en hamac avec moustiquaires intégrées

 

La cuisine avec les trois poubelles : vert pour le compostable, bleu pour le recyclable et rouge pour le reste

 

Six douches, six toilettes et un espace de lavage, du luxe

Bouchons plastiques pour créer un sol anti-dérapant : rien ne se perd, tout se transforme…

 

Le combi de l’association

 

Branches de palmier tressées pour recouvrir les toits : étanchéité garantie

 

 

La bonne idée en matière de gestion déchets, c’est de remplir des bouteilles en plastique avec tout les déchets plastiques. Une fois remplie à son maximum, cela fait comme des briques qui peuvent servir à la construction de murs. Evidemment, c’est encore mieux de ne pas utiliser de plastiques mais en Colombie c’est quelque chose d’assez compliqué. Je dois sans cesse dire que je ne souhaite pas de sacs dans les supermarchés. La main-d’oeuvre ne coûtant pas cher, il y a toujours une personne qui met en sac automatiquement vos courses en plus du caissier. En outre, le conditionnement est souvent en très petites unités ce qui par conséquent favorise la production massive de plastique. Mais une loi en application depuis le 1er janvier 2017 limite l’utilisation de sacs plastiques dans les magasins par exemple. C’est déjà une bonne chose.
L’Amazonie représente à elle seule une bonne partie de la diversité mondiale. Je n’ai pas encore fini de compter mais j’ai néanmoins pu observer de nombreux insectes que je n’avais encore jamais vu ailleurs : des mille-pattes aux couleurs étranges, des chenilles toutes poilues, des insectes volants en tout genre, ma première tarentule qui d’ailleurs, n’a pas manqué de m’effrayer… Au bout de 5 jours, n’arrivant vraiment pas à dormir confortablement dans le hamac, je voulais profiter du canapé dans la pièce de vie afin de passer une nuit plus reposante. Mais lorsque j’ai voulu aller me coucher après avoir fini mon film et que j’ai aperçu ma première tarentule à côté de moi qui regardait tranquillement le film en ma compagnie, je me suis dit que finalement un hamac avec moustiquaire intégrée ce n’était pas si mal que ça. Et lorsqu’au petit matin, bien à l’abri sous cette protection, j’entends, puis je vois une armée de moustiques, je dois bien avouer que je ne suis jamais bien pressé d’en sortir.
J’ai eu la chance d’accompagner les employés de la réserve dans la jungle pour aller couper des arbres afin de construire un pont. Spectacle étonnant que cet enchevêtrement d’arbres, de lianes et de plantes. On se sent tout petit face à l’immensité de la nature.

Heidi et Christophe

Ils travaillent plus spécialement sur la qualité du sol car contrairement à une idée reçue, le sol de l’Amazonie est peu fertile. Ils essayent donc de développer un engrais naturel à base de compost et de charbon afin de rendre le sol argileux de l’Amazonie plus propice à la culture.

Système de four mis au point par Heidi qu’elle teste durant ces six mois de stage dans l’idée de le reproduire à plus grande échelle.

Résultat, de la combustion des végétaux : du charbon près à l’emploi

Stockage des végétaux en attente de transformation

 

Simulation de différentes textures de sols afin d’analyser les plus propices à la pousse des végétaux

 

Et pour rester autonome, des graines sont mises à sécher pour les planter la saison prochaine

Avec Heidi et Christophe, nous sommes tous les trois en phase d’apprentissage de l’espagnol, c’est donc la langue que nous parlons ensemble et cela donne des situations assez comiques… Pas facile de se forcer à parler une langue que nous maîtrisons à moitié alors que nous pourrions tous parler anglais pour communiquer plus facilement. Mais c’est comme cela que l’on apprend !
Un soir, ils me disent qu’il va pleuvoir d’ici dix minutes, et moins de deux minutes plus tard, c’est le déluge. Ils sont là depuis deux mois et commencent à connaître les caprices du ciel. Comme le toit est en tôle, le bruit nous empêche rapidement de pouvoir parler. Heureusement, ce genre de pluie ne dure jamais bien longtemps et nous avons pu dormir dans le calme. Le toit des habitations traditionnelles est généralement recouvert de feuilles de palmier ce qui leur procure une bonne étanchéité naturelle. Cependant, si la bâtiment est trop grand, comme c’est le cas de celui sous lequel nous dormons, celui-ci est recouvert de tôles.
Les jours de grosse chaleur, la tôle « gémit » et émet comme un bruit de gouttes d’eau… L’effet est bluffant mais simplement dû à la déformation de la tôle sous l’effet de la chaleur.

Atelier avec les enfants

Durant ces quelques jours de volontariat, j’ai eu l’occasion de participer à un atelier avec des enfants des communautés alentour. L’idée était de les questionner sur leurs habitudes quotidiennes pour ensuite effectuer le même travail avec des enfants au Kenya et créer un échange autour des similitudes de leurs vies. En effet, on se focalise bien trop souvent sur les différences mais entre des enfants du monde entier, il y a aussi pas mal de ressemblances. Cela est d’autant plus vrai entre des enfants kényans et colombiens vivant sous les même latitudes, où la nourriture, l’habitat et certains habitudes culturelles sont finalement plus proches qu’avec des enfants français par exemple. Il est difficile d’imaginer la vie des enfants à Leticia. La plupart ne sont jamais sortis de leur communauté et leur horizon se limite aux quelques kilomètres alentour. Difficile pour moi d’imaginer cela alors que je suis toujours à la recherche du prochain « kilomètre ». Ils sont donc très contents de monter en voiture pour quelques kilomètres afin de nous rendre au centre culturel construit par l’association. Le transport est un vieux combi VW, la rolls du véhicule pour tout backpacker souhaitant partir en roadtrip… Le démarrage est capricieux et au moment d’enclencher la première, le moteur fait trembler l’habitacle, ce qui ne manque pas de réjouir les enfants qui se mettent à crier et à rire en cadence.

La route ne permet le passage que d’un véhicule à la fois et il faut donc parfois faire preuve de patience.

 

Tout au long de ces trois jours d’activités avec les enfants, nous avons travaillé sur les questions qu’ils aimeraient poser à leurs homologues kényans, leurs habitudes alimentaires, la faune et la flore les entourant, les contes… Deux réponses m’ont notamment marqué : votre nourriture préférée et qu’est ce que vous voulez faire plus tard ? La plupart ont écrit que leur plat préféré est le riz avec du poulet… Forcément, comme c’est le plat principal et le moins cher, ils ont peu d’autres références de comparaison. Nombreux sont ceux qui veulent être docteur ou footballeur professionnel, des réponses que l’on peut finalement retrouver sortant de la bouche d’enfants partout autour du monde.

Le début du chemin est bétonné

 

Cimetière de vélos

Certaines habitations ne payent pas de mine mais disposent néanmoins d’un accès satellitaire à la télévision.

Mais le chemin de terre à la fin est parfois inondé.

Le centre culturel

 

L’escalier serpent permettant d’accéder à l’étage

 

Les contes de notre enfance

Atelier dessin sur ce qu’ils ont retenu du conte

Quels sont les végétaux que vous reconnaissez autour de vous ?

 

Rafa, mordu de lecture alors qu’il n’a que trois ans.

 

Séance relooking avec Jennifer.

 

A six ça craque (ce qui n’a pas manqué d’arriver)

Tout le monde a bien travaillé et peut revenir chez lui avec une revue qui est une compilation des différents travaux réalisés par chacun des enfants

 

Moment détente avant de rentrer chez soi

Le combi nous ayant lâché sur le retour, nous avons été pris en stop par un pick-up pour le plus grand bonheur des enfants.

 

Alors qui veut donner un coup de main ?

Si vous envisagez de voyager en Amérique du Sud, je ne peux que vous conseiller de venir donner de votre temps pour cette organisation. J’ai adoré ces quelques jours à Habitat Sur. Adriana et Hervé sont vraiment un couple charmant et facile à vivre. Mais pour apprécier encore plus votre séjour ici, acceptez d’y passer du temps et encore mieux, venez avec votre projet comme Heidi et Christophe.

Vivre à Habitat Sur c’est se couper du monde qu’on le veuille ou non et c’est bien ce que je cherchais à faire durant ce voyage. Je passe énormément de temps sur les réseaux sociaux et il m’est difficile de déconnecter sans en avoir l’obligation. Ici pas le choix, Leticia se trouve à 30 minutes de transport et il ne passe que trois bus par jour. Les conditions parfaites pour un retour à la nature. Pas un bruit de moteur ne vient ternir la quiétude des lieux. Le soir, l’Amazonie se réveille et laisse entendre ses multiples bruits, bruits de grillons, bruits de grenouilles, quelques bruits d’oiseaux… La nature à l’état pur, le chant de l’Amazonie !

Que faire à Leticia ?

Leticia se trouve à la frontière avec le Brésil et le Pérou, il est donc possible d’aller dans trois pays différents en moins d’une heure. Pour vous rendre au Brésil, il faut emprunter l’unique voie en double sens de la ville, appelée « Avenida Internacional », qui vous mènera jusqu’à la ville de Tabatinga. Pour le Pérou, il faut prendre un bateau et traverser le fleuve pour vous rendre en cinq minutes sur la « Isla Santa Rosa », la frontière se situant au milieu du fleuve.

Bienvenue au Brésil (j’y ai passé 10 minutes)

Prenez le temps de visiter la bibliothèque municipale et le musée ethnologique de Leticia dont l’entrée est gratuite.

A croire qu’il y avait une réduction sur la peinture rose…

 

Vous pourrez y voir d’authentiques coiffures indiennes faites avec des plumes comme dans les films

Habitat Sur c’est aussi des bibliothèques dans de vieux frigos en libre-service plusieurs après-midi chaque semaine. Les enfants peuvent venir y consulter les livres sous la supervision d’un adulte.

Magnifique sculpture sur un vieux tronc d’arbre

 

Les dauphins roses de l’Amazonie que je n’ai malheureusement pas eu la chance de voir.

L’un des deux ronds-points de la ville

Encore une chouette expérience hors des sentiers battus, vive le volontariat et le fait qu’il facilite les rencontres et l’immersion dans un pays et sa culture.

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