Iquitos – Yurimaguas : deux nouvelles journées entre l’Amazone et le Marañón

Iquitos – Yurimaguas : deux nouvelles journées entre l’Amazone et le Marañón

Avant de lire la suite de mon périple en bateau sur l’Amazone, j’espère que vous n’avez pas loupé l’article précédent qui s’intitulait « Santa Rosa - Iquitos : premiers pas au Pérou via l’Amazone »

Le lendemain matin de mon arrivée à Iquitos, je visite rapidement la ville qui ne présente finalement pas un grand intérêt touristique. Après deux jours d’air pur, nous devons maintenant affronter celui pollué de la ville où se battent des dizaines, voire des centaines de motos taxis dans un concert de klaxons et de bruits de moteur incroyables… Les yeux me piquent, la gorge me gratte, je sais que je ne resterai pas longtemps dans cette ville. Le temps de me reposer une journée à l’auberge, de laver mes vêtements et me voilà reparti le jour suivant pour Yurimaguas, à 3 jours de bateau cette fois-ci.

Vue de la terrasse du deuxième étage de l’auberge de jeunesse

Retour au port sur les coups d’une heure de l’après-midi. La fréquentation est bien plus dense que l’avant-veille. Une dizaine de bateaux sont en train d’être chargés et des dizaines de personnes attendent. On nous explique que le prochain bateau pour Yurimaguas part vers 16h… C’est parfait, nous n’allons pas attendre trop longtemps. Nous montons sur le pont supérieur. Il y a déjà pas mal de monde, surtout comparé au précédent bateau qui était vide à 80%. Nous installons nos hamacs et je reprend une cabine afin de pouvoir mettre mes affaires un peu en sécurité comme sur le bateau précédent.

Le port d’Iquitos est en effervescence

Je ne fais pas l’erreur du précédent trajet et j’ai prévu des provisions

Les heures passent, le bateau se remplit et on voit ainsi pousser une forêt de hamacs sur les deux ponts du bateau. C’est impressionnant. Il y a des familles entières avec des enfants en bas âge, des personnes âgées, certains dorment sur des matelas à même le sol et chacun transporte une quantité impressionnante de bagages.

Quand il n’y a plus de places, il y en a encore…

L’homme banane

 

Vers 18 heures survient un petit incident. Une famille vient accrocher quatre hamacs entre les nôtres, là où un seul hamac supplémentaire sera plus que suffisant. Impossible de passer une nuit dans ces conditions, ce serait comme dormir à plusieurs dans le même hamac. Ce sont deux femmes avec quatre enfants. S’ensuit un échange kafkaïen où elles nous expliquent que les enfants vont avoir froid sinon, que ce n’est pas possible autrement et que nous pouvons installer nos hamacs ailleurs (cela fait déjà quatre heures que nous sommes installés et venus en avance pour justement avoir des places intéressantes. Finalement elles accepteront de déplacer les hamacs de deux des enfants non sans rechigner.

« Tombera pas plus bas »

Les heures continuent de défiler et toujours aucun signe du départ. En écoutant autour de moi, j’entends différents sons de cloches dont certains ne me rassurent pas sur notre départ imminent : « on attend encore un chargement », « le moteur est en panne », « on part demain » …

Le bateau voisin affiche « Départ demain », j’espère que parfois il affiche « Départ aujourd’hui »

Finalement, après une attente sans savoir réellement pourquoi, nous partons sur les coups de 22 heures, pour nous arrêter… dix minutes plus tard pour une nouvelle demi-heure, sans en savoir plus de nouveau.
Enfin, le véritable voyage commence et je regagne ma cabine pour m’endormir du sommeil du juste.
Le lendemain matin, au réveil, je descends à l’étage inférieur pour constater une queue sur toute la longueur du bateau pour le petit-déjeuner. Je décide de les accompagner pour finalement arriver devant le cuistot qui me répond : pour les cabines on vient vous servir… Je n’avais pas conscience d’avoir payé pour la classe « Business », je voyage en 4 étoiles 🙂 Au menu : deux petits pains avec du beurre et tranche de jambon accompagnés d’une boisson à base de lait et de flocons d’avoine…

J’adore observer les paysages qui défilent par la porte ouverte de ma cabine

Le bateau étant plein, cela signifie plus de personnes, environ 200 à vue de nez, donc plus d’arrêts et de montées/descentes. Une partie de la vie économique de ces villages reculés du monde dépend du passage de ces transports maritimes. A chaque fois c’est le même spectacle, des femmes et des enfants accourent pour monter le plus rapidement possible et vendre leurs marchandises les premiers.

Femmes et enfants sont toujours au rendez-vous

A l’abordage

Village sur pilotis pour faire face aux crues du fleuve

Comparé à la taille de certains villages et habitations, le bateau semble immense et s’arrête parfois à quelques mètres des premières maisons.

Arrêt à « Nauta », nous avons laissé l’Amazone derrière nous et sommes à présent sur la rivière Marañón

Un sirène retentit, tous ceux qui doivent descendre, descendent, le bateau repart, la vie reprend sa quiétude dans le village et nous reprenons notre route à contre-courant.
Le deuxième matin, alors que je sors de ma cabine, le bateau me semble étrangement vide. Une bonne partie des passagers est descendue durant la nuit. Il reste encore de nombreux hamacs mais tout ceux qui dormaient par terre sur des matelas ne sont plus là.

Arrêt dans un village en partie sous l’eau, il faut se « jeter » à l’eau pour accéder au bateau

La rivière est à présent plus étroite au fur-et-à-mesure que nous approchons de Yurimaguas

Nous arriverons finalement à Yurimaguas au matin du troisième jour après 56 heures de voyage.
Durant ces deux trajets, j’aurai parcouru près de 1000 kilomètres sur le fleuve Amazone puis la rivière Marañón, tout deux bordés par l’Amazonie, preuve de l’immensité de cette jungle dont je n’ai en fait traversé qu’une infime partie.
Une sacré expérience que je recommande chaudement. On apprend à lâcher-prise sur le temps, on visite des coins reculés hors des sentiers battus et on fait de chouettes rencontres…
Le plus difficile fut néanmoins de voir tout le monde jeter ces déchets par dessus bord sans aucune conscience écologique pour le fleuve et cette jungle. Une attitude qui me fend le coeur malgré les panneaux, pancartes et autres recommandations incitant à ne pas jeter ses déchets dans l’eau.
Santa Rosa – Iquitos : premiers pas au Pérou via l’Amazone

Santa Rosa – Iquitos : premiers pas au Pérou via l’Amazone

Après 10 jours passés à Habitat Sur, voici le temps de quitter la Colombie et de passer au Pérou. A partir de Leticia, rien de plus, rendez-vous sur le port, puis prenez un bateau qui ressemble à celui en photo ci-dessous, il vous emmènera pour 5000 pesos de l’autre côté, sur l’île de Santa Rosa, côté péruvien.

Dans le port de Leticia…

Bateau taxi permettant la traversée de l’Amazone

Je suis au Pérou

Lorsque j’arrive, il est 13h10, le bureau de l’immigration est fermé de 13h à 15h. Je profite de ces premières heures péruviennes pour manger et visiter rapidement la ville qui consiste en une rue principale et quelques maisons en bois.

Premier repas péruvien, rien de bien typique mais la carte ne proposait pas grand chose de végétarien

Difficile de se perdre dans ce village

 

Bureau de l’immigration péruvien de Santa Rosa

 

A 15h, je vais me présenter au bureau de l’immigration, je remplis le formulaire classique d’entrée dans un pays, afin d’expliquer qui je suis, où vais-je et pourquoi ? Lorsque je me présente devant l’officier de l’immigration, celui-ci feuillette mon passeport avant de constater que je n’ai pas de tampon de sortie de Colombie. En effet, à aucun moment, je n’ai vu de frontière de sortie. Il m’explique que le bureau des douanes se trouve… à l’aéroport de Leticia… Difficile à deviner, il fallait le savoir. Apparement, c’est écrit dans les guides de voyages et pour une fois, voyager sans m’aura fait défaut. C’est comme ça que je suis revenu plus rapidement que prévu en Colombie : une traversée de l’Amazone, un aller/retour à l’aéroport avec un arrêt de deux minutes pour obtenir le précieux sésame puis retour à Santa Rosa. Le tampon d’entrée au Pérou ne fut alors plus qu’une simple formalitée.
Me voici donc officiellement au Pérou, deuxième pays que je découvre en Amérique du Sud : nouvelle monnaie, le « nouveau sol », nouveau taux de change et conversions mentales (1 euro = 3,5 soles environ) mais heureusement même langue, même si certains mots diffèrent entre les deux pays et que je m’aperçois que j’ai un peu plus de mal à comprendre l’espagnol péruvien au départ.
Je reprend une barque pour arriver sur la bateau qui m’emmènera à Iquitos. Haut de trois étages, il ne paye pas de mine. Heureusement que l’on ne va pas en pleine mer, je me rassure toujours en me disant que la terre ferme ne sera jamais bien loin.

Malgré l’état avancé de décrépitude, le bateau rempli néanmoins sa fonction et nous emmènera à bon port

Le navire est étrangement vide. Le premier étage est consacré aux marchandises et au personnel de bord, le second aux voyageurs locaux et le dernier aux touristes. Je ne sais pas trop pourquoi il y a cette distinction car il n’y as pas vraiment de différence entre les deux étages supérieurs. J’y retrouve un anglais, une française et une espagnole. En attendant le départ à 18h, je visite les lieux. Le bateau comprend deux toilettes/douches, une cuisine (les repas sont inclus dans le prix du trajet), un mini magasin ainsi que quelques cabines…

Premier coucher de soleil sur le fleuve Amazone

Lorsque le navire démarre, il y a tout au plus une vingtaine de personnes à bord. Habitué des transports qui ne démarrent que lorsqu’ils sont plein à ras bord, je suis agréablement surpris et en même temps interrogatif sur le rendement de ce trajet… Mais je ne vais pas non plus me plaindre.

Chacun s’installe du mieux qu’il peut pour ces deux jours de navigation

A peine quelques secondes plus tard, en manoeuvrant pour s’éloigner du bord, le capitaine heurte le bateau voisin… Un bruit sourd résonne. Heureusement plus de peur que de mal… Allez vive l’aventure !
J’ai décidé de me payer une cabine afin de pouvoir mettre mes affaires à l’abri du vol et ne pas devoir m’en soucier durant ces quelques jours sur l’eau. Mais n’imaginez pas une pièce grand luxe, il s’agit ni plus ni moins de deux couchettes superposées dans deux mètres carrés.

Deux couchettes superposées avec un matelas qui ne paye pas de mine

Je profite des premières heures de navigation pour aller m’asseoir à l’avant du bateau et contempler le fleuve et la forêt qui portent le même nom… Spectacle grandiose au coeur du poumon du monde. Habitué à nos fleuves français canalisés, bétonnés, emprisonnés afin qu’ils rentrent dans les rangs, je suis surpris par la largeur variable de l’Amazone qui peut parfois atteindre le kilomètre pour se réduire brusquement à moins de deux cent mètres.

Pas de cartes ni de panneaux pour se diriger à travers l’Amazone et ses affluents

 

Difficile d’évaluer la largeur du fleuve à certains endroits, nous naviguons toujours à quelques mètres de l’un des bords

Sur les coups de 21h, je ressens une grande fatigue. Je vais directement me coucher dans la cabine. Les deux matelas en mousse sont tellement fins que j’ai presque l’impression de dormir sur les lattes en bois mais c’est mieux que rien. Je m’endors rapidement pour soudainement me faire réveiller à minuit par des coups frappés à la porte. J’émerge brusquement sans comprendre ce qui m’arrive. C’est l’heure de payer le trajet… Drôle d’heure pour cela… On m’annonce un prix de 100 soles au lieu des 90 annoncés (je paye un supplément de 20 soles pour la cabine) précédemment mais je suis trop peu réveillé pour protester… Malin la combine, l’arnaque « taxe gringo » est bien huilée…
Le lendemain matin, j’apprendrai que les Péruviens ont payé 60 soles tandis que les « gringos » (étrangers) 70 soles. Allez savoir pourquoi ! Nous faisons notre première pause peu après six heures du matin, dans un village fait de cabanes en bois. Dès que nous sommes amarrés, des vendeurs montent à bord avec de la nourriture. Certains sont encore des enfants.

J’achète de quoi varier ma nourriture pour les prochains repas

Là encore, une seule rue unique

Je passe le reste de la journée à regarder des films et à contempler les alentours. Je suis surpris de la quantité de branches et de végétaux qui dérivent autour de nous.

A certains endroits, ce sont de véritables îles flottantes que nous croisons

En dehors de cela, le trafic sur l’Amazone est limité à de petites embarcations qui relient quelques villages par voie fluviale.

Nous croisons aussi d’autres embarcations de taille plus conséquente

Parfois, nous nous arrêtons au milieu de nulle part, les habitations en ossature végétale sont coupées du monde et sans aucun accès à une route. La seule façon de rejoindre une ville, c’est le fleuve et de nombreuses heures de navigation pour arriver à Leticia ou Iquitos… Difficile d’imaginer la vie sur les bords de l’Amazone !

Cette maison semble si petite à côté de notre bateau

Dans certains villages, on observe la présence de lampadaires et je me demande bien d’où peut provenir la source d’électricité

Parfois, les arrêts durent plus longtemps sans que nous sachions pourquoi

Certains villages sont un peu plus grands que d’autres

La nuit, on ne voit rien aux alentours du bateau, le capitaine navigue dans le noir complet, heureusement que le trafic est limité.
La nourriture servie à bord est très très très basique et en quantité très infime. Prévoyez donc de quoi grignoter durant votre voyage (il y a généralement un petit magasin sur le bateau), même si vous pourrez acheter parfois à certains arrêts. N’oubliez pas d’avoir de l’eau potable avec vous, environ cinq litres par personne.
Les toilettes et la douche étant assez sommaires, il faut donc vous y préparer si vous n’avez pas l’habitude de conditions de vies rustiques. Nous avons la « chance » de profiter d’une cure thermale « eau de l’Amazone », qui en un seul passage, vous lave et adoucit votre peau grâce à la boue contenue… Même Evian ne fait pas mieux… L’eau est directement rejetée dans le fleuve ce qui ne doit sûrement pas aider à rendre l’eau plus limpide…
Nous arriverons finalement à Iquitos le lundi soir à 20h, soit à peine plus de deux jours de navigation (exactement 50 heures). L’impression de sortir d’un rêve, après s’être laissé porté durant 500 kms sur l’Amazone, à ne rien faire d’autre que de contempler la nature sauvage et se questionner sur son existence : Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre ?
Lorque nous pénétrons dans le port d’Iquitos, les déchets flottants d’origines humaines ont malheureusement remplacés ceux d’origines végétales qui nous ont accompagnés tout au long de ces deux jours. Triste spectacle !
Le capitaine nous propose de rester dormir sur le bateau gratuitement si nous le souhaitons. Mais nous désirons surtout un bon lit et prendre une bonne douche.
La ville est calme et des moto-taxis attendent bien évidemment les touristes que nous sommes. Nous finissons dans une auberge qui ne paye pas de mine mais qui n’est pas trop cher.
Ces deux jours sur l’Amazone furent une sacré expérience positive et je me sens prêt à repartir pour 3 jours en continuant de remonter le fleuve, direction Yurimaguas. La suite au prochain épisode !
Se déplacer à Bogota : expérience et conseils

Se déplacer à Bogota : expérience et conseils

De retour à Bogota, j’avais envie de vous parler un peu des différents systèmes de transports après plusieurs semaines passées dans cette ville. Je ne suis bien entendu pas encore un expert mais je vais essayer de vous expliquer ce que j’en ai compris jusqu’à présent. Bogota est une ville immense qui couvre environ 17 fois la superficie de Paris. La traverser demande un certain courage et une grande habitude des systèmes de transports.

La meilleure façon de se déplacer dans cette ville est de comprendre comment fonctionnent les différents modes de transports. En effet, il faut savoir s’adapter pour aller d’un point A à un point B de la manière la plus efficace possible.

La ville n’y a pas de métro mais un système de bus qui s’en rapproche. Construit dans les années 2000, il s’appelle « Transmilenio ».

Transmilenio, les bus rouges

Ils circulent en site propre et ne sont donc pas soumis aux embouteillages. Les bus sont plus ou moins grands, de la taille classique à ceux à un accordéon voire même deux. Leur trajet étant la plupart du temps en ligne droite sur les axes principaux, cela ne pose pas de problème pour tourner.

Le tarif est fixé à 2000 pesos (environ 60 centimes d’euros) et le paiement se fait grâce à une carte à puce chargée à l’avance, soit à l’entrée des stations, soit dans certaines supérettes de quartier. La carte coûte 3000 pesos à l’achat. Les tourniquets à l’entrée des stations sont aussi ceux pour sortir. Attention donc aux personnes venant en sens inverse.

entree-station-transmilenio-bogota

Il y a différentes lignes qui comportent des lettres de A à M. Ce qui rend la chose compliquée, c’est de savoir passer d’une ligne à une autre. Il y a bien un plan du réseau mais il reste assez confus pour moi.

Heureusement, il y a des agents dans chaque station. Une fois que votre ligne est repérée, encore faut-il savoir qu’il y a plusieurs numéros par ligne, chaque nombre correspondant à certains arrêts. Ne sachant pas cela le premier jour mais ayant repéré que ma ligne était la B, je monte dans le premier bus B qui arrive, il passe bien devant ma rue mais pour s’arrêter 20 blocs plus loin… Et voila comment je fus partie pour 40 minutes de marche à pied… C’est comme cela que l’on apprend ! Les fois suivantes, j’ai remarqué ce tableau qui explique ligne par ligne, les arrêts desservis…

tableau-ligne-transmilenio-bogota

Au départ, je n’avais pas non plus compris qu’il pouvait y avoir plusieurs bus qui s’arrêtaient aux mêmes « portes ». De ce fait, il y a toujours un tas de personnes devant chacune d’entre elles attendant leur bon numéro de bus. Lorsque votre bus arrive, si les personnes devant vous ne le prennent pas il faut savoir jouer des coudes ou alors manquer son bus. C’est ce qui m’est arrivé au départ en voulant être trop poli !

Ce qui me rassure, c’est que mes ami.e.s Colombiens habitant Bogota me disent eux même parfois ne pas s’y retrouver.

SITP, les bus bleus

Ils font eux aussi partie du réseau Transmilenio dans le sens où le paiement se fait grâce à la même carte à puce. Le prix du voyage est de 1700 pesos. Cependant, il n’est pas possible de payer à bord des bus contrairement aux bus rouges où l’on peut payer à l’entrée de la station. Il faut donc avoir préalablement chargée sa carte avec du crédit. A la différence de leur homologue rouge, ceux-ci ne circulent pas sur voie propre et sont donc soumis aux embouteillages aux heures de pointes. Aller d’un bout à l’autre de la ville peut alors prendre plus d’une heure. Ce réseau de bus bleus est censé couvrir le reste de la ville non couverte par le Transmilenio.

Les arrêts sont moins évident à trouver et c’est une habitude à prendre.

STIP Complementario, les bus oranges

Je n’ai pas vraiment compris la différence avec les bus bleus, dans le sens où ils circulent sur les mêmes axes, nécessitent la même carte à puce et coûte le même prix. Probablement comme son nom l’indique que ce sont des lignes complémentaires pour aller dans les endroits où les bus bleus ne vont pas.

Les autres services de bus

Ce sont les bus de compagnies privées qui sont plus anciens que le système Transmilenio mais qui disparaissent au fur-et-à-mesure du développement de ce dernier. Le paiement se fait en liquide directement au chauffeur ou à son/sa assistant.e. Je n’ai jamais pris ces bus seul car les trajets sont trop aléatoires pour moi. Ils ont un écriteau sur le pare-brise où sont écrits les principaux arrêts. Cela nécessite une connaissance très précise de la ville et de son organisation.

Application mobile

Il existe une application « Transmilenio » ou « Moovit » afin de trouver le meilleur trajet en bus. Cependant, s’il est assez facile de l’utiliser pour le trajet aller si vous disposez d’une connexion internet, il est plus compliqué pour le trajet du retour si vous deviez effectuer un trajet différent, ne bénéficiant plus de réseau.

Se déplacer en taxi

En dehors de ces transports en commun, on peut se déplacer en taxi, ils sont jaunes, ils disposent d’un compteur et d’une tarification officielle ce qui évite de se faire avoir ou de devoir marchander sa course. Pour savoir combien va vous coûter votre course, il faut se référer au document à l’arrière des sièges avant et à son tableau qui explique le rapport entre le nombre inscrit sur le compteur et le prix à payer en pesos. J’ai utilisé les taxis soit pour rentrer tard le soir, soit pour se déplacer dans des endroits non pourvus en transport en commun, généralement pour rejoindre la station de bus la plus proche. Il existe une application afin de réserver votre taxi si vous ne voulez pas attendre dans la rue, elle s’appelle « Tappsi » et il vous en coutera 500 pesos de plus sur votre course.

Se déplacer avec Uber

Uber, entreprise de service mettant en relation des chauffeurs privés avec des personnes comme vous et moi souhaitant se déplacer en ville, existe aussi à Bogota. Et comme dans la plupart des grandes villes du monde, elle fait l’objet de nombreuses critiques pour concurrence déloyale. A tel point que lorsque l’on utilise ce service, une personne montera devant pour laisser un peu de doute quant à la fonction du véhicule.

Les tricycles à moteur

Je n’en ai vu que dans le quartier de Cedritos où j’ai habité. Ils ne font que la liaison entre ce quartier et l’arrêt de Transmilenio.

Voies cyclables

Enfin, il existe de nombreuses voies pour vélos le long des grands axes ce qui permet de se déplacer en limitant le danger. Cependant, le fort taux de pollution n’incite pas à utiliser ce moyen de transport, de même que la façon de conduire des Colombiens dès que vous sortez de ces voies cyclables.

Un chauffeur de taxi probablement fan des courses cyclistes

Le dimanche les grands axes sont fermés aux voitures et ouverts aux transports doux

Minca – Campeche, un trajet compliqué…

Minca – Campeche, un trajet compliqué…

A peine mon séjour à Minca terminé que les aventures reprennent et pas forcément que positivement. Une journée d’embrouilles et d’arnaques de quoi vous dégoûtez après la gentillesse des gens de Minca… Le retour dans la « vie réelle » est un peu dur.

L’idée était de me rendre à Campeche passer noël avec Ivan et sa famille, un contact trouvé via le Couchsurfing.

Pour redescendre de Minca à Santa Marta il suffit de prendre un taxi collectif, cela coûte 8000 pesos, c’est direct. Il faut simplement attendre qu’il y ait au moins 5 personnes. Pas d’arnaque, le prix est connu, il n’y a qu’une compagnie.

A Santa Marta, le chauffeur que je commence à bien connaître de vue me demande quand est ce que je reviens comme si je m’absentais seulement quelques jours… J’ai déjà eu du mal à partir, cette question m’a encore plus pris au dépourvu, je lui ai donc répondu quelque chose d’évasif du genre « courant janvier ». Comme l’arrêt est en centre ville, je dois prendre un taxi moto pour rejoindre le terminal de bus un peu à l’extérieur de la ville.

Au terminal de bus c’est comme à Bogota, il faut dégoter une compagnie parmi la multitude existante. Ivan mon futur hôte m’a auparavant expliqué que je dois prendre un bus jusqu’à Barranquilla puis un autre jusqu’à chez lui à Campeche. Je choisi la compagnie Expreso Brasilia que j’avais utilisé auparavant pour aller de Bogota à Ríohacha et dont j’étais satisfait.

L’hôtesse me dit que le bus arrive dans 20 minutes. L’heure inscrite sur le billet est 15h30 et il est déjà 16h23… Allez comprendre ! Évidement aucunes indications sur l’endroit où va s’arrêter le bus… Je m’assis sur un siège qui m’offre la vue la plus large possible sur les quais. Approximativement vingt minutes plus tard, je vois arriver un bus qui ne porte pas l’inscription Brasilia Expreso mais Unitransco (une compagnie partenaire), comme écrit sur l’en-tête de mon ticket. Je demande au chauffeur si, à tout hasard, c’est bien ce bus que je dois prendre pour me rendre à Barranquilla ? Réponse positive ! Vous vous demandiez pourquoi les transports sont si peu chers en Colombie ? C’est parce que le client doit faire la moitié du travail….

Le bus démarre et nous roulons pendant deux heures en longeant la mer des Caraïbes. En entrant dans Barranquilla, nous faisons face à des embouteillages. Après une heure à rouler au ralenti, nous arrivons à la gare routière.

On m’explique que les bus qui partent d’ici ne s’arrêtent pas à Campeche… Je trouve un jeune homme à l’air avenant qui s’occupe de guider les clients et je lui explique tant bien que mal ma situation. Il va se renseigner et revient avec un verdict sans appel. Effectivement, aucun bus partant d’ici ne s’arrête à Campeche. Ce qu’il me propose néanmoins, c’est de prendre le prochain bus pour Cartagena qui pourra faire un arrêt à Sabanalarga, la ville après Campeche. Le premier problème, c’est que je dois payer le billet plein pot comme si j’allais à Cartagena ce qui finalement n’est pas un problème insurmontable étant donné qu’il coûte 15000 pesos (4 euros). Le problème principal c’est qu’un taxi de Sabanalarga à Campeche me coûtera 80000 pesos, ce qui commence à faire un coût démesuré pour ce traiet. A ce moment, il est près de 20h, il fait nuit et je regrette déjà de ne pas être resté à Minca pour le réveillon de Noël. Mais comme j’ai eu une très bonne impression durant mes échanges virtuels avec Ivan, je suis persuadé que cela vaut le coup de faire un effort supplémentaire pour arriver à Campeche ce soir.

La deuxième solution, que m’explique Ivan au téléphone, est de prendre un taxi jusqu’à une autre station de bus (les bus qui desservent les villes alentours sur de courtes distances), qui se trouve à l’autre bout de la ville, puis de récupérer un bus pour Campeche. Il m’explique que le taxi me coûtera maximum 12000 pesos et le bus 4000.

Je prends donc un taxi en montrant ma destination écrite afin de négocier le prix avant de monter (meilleur moyen de ne pas « normalement », se faire arnaquer), le chauffeur me répond « 10000 ». Je me dis que j’ai finalement un peu de chance. La chance continue de me sourire tandis que mon chauffeur se prend pour un pilote de course et que nous arrivons finalement sain et sauf à destination.

Et là c’est le drame… Fatigue d’une courte nuit la veille, d’une déjà longue journée de transport, de la baisse de ma méfiance depuis un mois à Minca où la vie suit tranquillement son cours, où bien le cumul de tout ça ? C’est à ce moment que l’arnaque à lieu !

Le chauffeur me désigne le bus qui va à Campeche, une personne (que nous appellerons Bob pour l’occasion) ouvre la portière en voulant prendre mon sac. Par réflexe, je l’arrête tout en donnant 20000 pesos au chauffeur de taxi. Il n’a pas de monnaie et demande à Bob qui lui en fait pendant que je sors de la voiture avec mon sac. Le bus commence à démarrer et Bob me fait signe de monter dans le bus et qu’il arrive. Nous partons, Bob monte dans le bus mais ne vient pas me voir et je sens le coup louche. J’attends quelques minutes avant d’aller lui demander ma monnaie. Il me répond qu’il n’y en a pas, que le taxi était à 15000 et le bus à 5000 pesos… Soit 20000 en tout au lieu de 14000. Incapable de répliquer suffisamment en espagnol je laisse rapidement tomber. Il s’agit après tout de moins de 2 euros. Ce qui m’embête, ce n’est bien évidement pas la perte financière mais simplement le fait de devoir constamment redoubler de vigilance pour ne pas se faire avoir. C’est fatiguant à la longue.

Voilà ça m’apprendra à toujours garder de la monnaie sur moi pour donner le prix juste directement.

Mais finalement, moi qui en avait marre de cette première journée hors de Minca, marre de la difficulté à me déplacer, du fait de m’être fait avoir, lorsque je suis arrivé à Campeche, à la seconde où j’ai rencontré Ivan et sa famille, j’ai oublié tout cela…

 

Mais cela fera l’objet d’un autre article 🙂

Au revoir Bogota, Salut Riohacha

Au revoir Bogota, Salut Riohacha

Après quinze jours passés à Bogota avec des journées bien remplies, j’avais néanmoins envie de changer d’air. Direction le Nord de la Colombie et ses plages de sables blancs…

Etant organisé et prévoyant, peut être un peu trop parfois, j’achète un billet de bus sur internet pour aller à Riohacha, au Nord-Est de la Colombie, près de la frontière avec le Vénézuela. Une fois le paiement terminé, non seulement je ne reçois aucun email à l’adresse communiquée, mais ma preuve de paiement (dont je fais une impression), ne contient ni l’adresse du terminal de bus, ni l’heure, ni rien en fait… Seulement une référence de réservation. Espérons que cela fasse l’affaire.

Le jour J, je me rends au terminal de bus (après avoir demandé à mes hôtes de téléphoner au numéro de la compagnie pour connaître l’adresse). Le hall d’accueil est noir de monde, de vendeurs à la sauvette, de boutiques, restaurants et autres magasins. Je repère l’enseigne de la compagnie de bus et tend fièrement l’impression de ma réservation avec mon passeport. Plusieurs minutes passent, la femme derrière son ordinateur pianote encore et encore pour finalement me rendre mes documents en me précisant que je dois me rendre à un autre comptoir d’enregistrement. Au-dit comptoir, nouvelle aventure pour qu’ils retrouvent ma réservation mais finalement elle me tend mon billet, précieux sésame pour les prochaines 22 heures.

Le bus est moderne, avec de l’espace pour les jambes, la climatisation, des prises de courant et du wifi. Je prend place pour ma traversée du pays.

bus-equipe-brasilia

Il est 15h30, le bus part à l’heure. Plus ou moins rapidement nous sortons de la ville pour finalement nous éloigner de Bogota à travers la montagne. La route tourne, tourne et tourne encore à n’en plus finir. Le chauffeur accélère, freine, avec une alternance de coups de klaxon, la route étant régulièrement encombrées d’animaux domestiques, de piétons pas pressés de traverser ou de voitures arrêtées presque au milieu de la route.

bus-brasilia-colombie

La nuit tombe et nous roulons toujours. Nos deux chauffeurs sont dans une espèce de cabine à l’avant qui est fermée par rapport au reste du bus de sorte que je ne vois rien de ce qui se passe devant nous mais je le devine en regardant par la fenêtre sur le côté. Après six heures de trajet, nous faisons une pause dans un restaurant, équivalent de nos relais routiers. La nourriture est infecte et pour une fois je ne finis pas tout et je suis obligé de jeter. Le « copain » en photo ci-dessous était sur la desserte à attendre tranquillement son tour pour manger… Miam Miam !! En vrai j’ai l’habitude d’en voir donc ce n’est pas forcément ça qui m’a dégouté mais j’avais envie d’immortaliser ce moment.

cafard-routier-colombie

Nous ne ferons pas de pause pendant les prochaines douze heures et j’essaye de dormir tant bien que mal. Même si le bus est relativement confortable, il n’en reste pas moins un couchage assis et cela n’a jamais été la meilleure façon pour moi de dormir.

Je profite du levé du jour pour observer le paysage autour de moi. C’est très vert et nous traversons beaucoup de villages ou petites villes. Durant les dernières heures, nous longeons la côté Caraïbe et le spectacle est vraiment sympa.

Enfin, sur les coups de treize heures trente, notre bus arrive au terminus à Riohacha. Je descends, récupère mon sac, mes aventures sud-américaines peuvent continuer…

Objectif mariage à Dresde, 1000 kms en stop et en costard 2ème partie

Objectif mariage à Dresde, 1000 kms en stop et en costard 2ème partie

Une deuxième journée à l’exact opposé de la veille, comme si j’avais dépassé mon quota de rencontres géniales…

Après une bonne mais courte nuit de repos, je prends congé de mes hôtes à 8h. Dehors un mélange de pluie et de neige s’abat sur moi ! Sensation étrange et vraiment pas appropriée pour le stop (au delà du fait que je suis en costard). Je sors la protection pour le sac à dos, le parapluie pour moi (oui ce n’est pas l’habit qui fait le backpacker) et en route pour le spot repéré la veille. Mais la pluie/neige loin de s’arrêter se renforce et il serait ridicule de rester dehors et de finir tremper, ce qui serait totalement contreproductif à la pratique du stop. Je me dirige vers la gare principale qui se trouve sur ma route, le temps d’attendre la fin du mauvais temps.

Quelques minutes plus tard, une relative accalmie me fait pointer de nouveau le nez dehors même si une bruine tombe toujours sur Stuttgart ! J’avance le long de la route censée m’amener à l’entrée de l’autoroute à la recherche du spot parfait pour qu’un automobiliste puisse s’arrêter. J’y attendrai en vain une heure trente dans le froid glacial ; la pluie s’est totalement transformée en neige et commence à recouvrir le sol ; une heure trente à sourire et à me motiver intérieurement sans que cela déclenche le moindre signe de compassion ou le plus petit sourire sur le visage d’un conducteur. Malgré quelques paroles d’encouragement de piétons passant sur le trottoir à côté de moi, je me résignerai à arrêter le stop pour la journée, ayant jugé que garder l’usage de mes doigts était plus important que de rencontrer du monde ! J’avais prévu des vêtements chauds mais je ne pensais pas partir au ski en commençant ce périple, je n’avais donc pas de gants avec moi. Retour à la gare par le tram, durant les 4 arrêts je tente de retrouver peu à peu l’usage de mes doigts. Un plaisir simple mais un plaisir vrai !

La neige ne semblant toujours pas prête à s’arrêter, je vais regarder les horaires des trains !

Et alors que ma journée semblait à peu près planifiée et qu’il ne me restait plus qu’à me laisser porter jusqu’à ma destination finale, le karma des voyageurs et de l’aventure en décidera autrement. Il me faut faire deux changements pour rejoindre Dresde, un premier à Nuremberg et un deuxième à Hof. Tout commence bien et alors que je pense arriver pour déjeuner avec Christoph et Robert, mes amis de Dresde, l’espoir s’amenuise quand notre train s’arrête dans une gare au milieu de nulle part et qu’une annonce sonore nous signale une alerte à la bombe dans une autre gare. Après ce qui me semble de nombreuses minutes d’attente, on nous signale que notre train n’ira pas plus loin. Nous changeons de quai pour récupérer un autre train qui se rend à la gare suivante, pour en descendre et nous diriger vers un bus de ville. Le bus nous dépose à Niederwiesa, une gare encore plus petite. Un train est à quai mais ne prend pas de voyageurs. Nous attendons sans avoir la moindre information sur la suite des événements. J’ai le temps, je suis en voyage, donc je prends mon mal en patience et j’observe autour de moi. L’avantage de ce genre de situation, c’est que ça rapproche, chacun discute avec son voisin, illustre inconnu il y a une heure, devenu par la force des choses, compagnon d’infortune. Peut être que de nouvelles amitiés naîtront de cet événement, qui sait ? Tout le monde reste calme, c’est agréable ! Au bout de 30 minutes d’attente, un nouveau train s’arrête, un groupe de vaillants émissaires s’en va parler au conducteur. D’un commun accord, nous montons dans le train, il reste à quai.

Le temps passe et les vibrations du moteur du train laissent présager un départ qui va se révéler illusoire. Une nouvelle cargaison de voyageurs perdus arrive. Deux chiens se cherchent querelle, cela met un peu d’animation, 1 minute de gagnée dans cette aventure ubuesque ! Mon voisin sort une bière, les conversations continuent. Depuis la descente de notre premier train, pas un agent en vue, nous sommes livrés à nous-mêmes. Enfin, le train redémarre, nous nous arrêtons à l’arrêt suivant pour un énième changement à Flöha.

Nouvelle attente sur le quai, on commence à s’y habituer, les gens restent calmes et même si je ne veux pas rentrer dans le cliché, j’ai l’impression que la même situation avec notre chère société ferroviaire française aurait déjà virée au drame. Tant mieux, je ne vais pas me plaindre ! Un nouveau train arrive, direction DRESDE !!

A la descente du train, avec deux heures de retard, tout le monde descend, la vie reprend son cours, chacun retourne dans son anonymat, Christoph m’attend, je suis arrivé à destination !

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