Objectif Stop : Paris – Varsovie, le trajet retour Berlin/Paris

Objectif Stop : Paris – Varsovie, le trajet retour Berlin/Paris

Je prends enfin le temps de coucher sur le papier la fin de mon périple.

Je vous avais laissé à Berlin le vendredi soir alors que je venais d’apprendre que j’allais passer la journée du samedi en compagnie de Fabien.

Samedi 20 janvier

Je le retrouve le matin pour prendre part à une manifestation contre un géant de l’industrie de la chimie agricole. La foule est immense, le réseau saturé et nous mettrons deux heures à nous retrouver. Le temps est heureusement parfait, malgré une température basse.

Afin de ne pas me trimbaler mon sac à dos toute la journée, je le laisse dans une consigne à la gare principale de Berlin. Je me prends pour Jason Bourne avec ma clé numéroté !

Nous décidons de continuer la journée par un peu d’urbex ou exploration urbaine. Le principe est de visiter des lieux abandonnés par l’homme, bien souvent interdits voir difficiles d’accès. C’est ainsi que je débarque dans l’ancienne fac d’anatomie de Berlin, abandonnée depuis une dizaine d’années. Berlin est une ville immense et de ce fait, il est bien souvent plus facile de reconstruire à côté plutôt que de rénover, les terrains libres ne manquant pas.

Je vous laisse découvrir en vidéo l’intérieur des lieux 🙂

C’était une première pour moi et comme toutes les premières fois (que ce soit en bien ou en mal, on se souvient généralement de ses premières fois), elle restera dans ma mémoire…

Après toutes ces émotions, rentrer dans un lieu de manière illégale, visiter les salles de dissections et la morgue, nous nous rendons au chaud pour partager un verre avec des ami.e.s de Fabien. Je découvre un lieu très sympa dont l’ensemble du mobilier est fait à partir de matériaux de récupération, ce qui dégage une atmosphère propice à passer un bon moment.

Après ce moment au chaud, nous reprenons les transports en commun. La ville est vraiment immense et chaque déplacement est une épopée. Après un arrêt chez un libanais, je propose à Fabien de faire une partie du trajet à pied, cela permet de se rendre réellement compte des distances.

Nous passons devant la Branderburger Tor, symbole de la division de la ville durant la guerre froide pour finalement repasser par la gare avant de rentrer chez Fabien qui habite en colocation. Nous ne verrons que rapidement ses collègues ce soir là, une allemande et un français.

Nous mangeons sur le pouce tandis que je finalise la vidéo de l’urbex que vous avez pu visionner au-dessus.

Nous ne tardons pas à rejoindre Morphée après cette longue journée de marche et de transports. Je me suis en outre coincé un doigt dans la porte de la consigne de gare et mon ongle, déjà bien violacé, me lance horriblement.

Dans ces moments là, je me dis que si un jour on menace de me torturer, je leur dis tout ce qu’ils veulent rien qu’en entendant le mot torture !!

Bon ok je me suis grillé pour travailler pour les services secrets, mais si vous me lisez, promis, je ferais un effort si d’aventure, vous souhaitiez me recruter !

Je passe donc une nuit entrecoupée de prise de doliprane pour faire baisser la douleur et dormir quelques heures.

Dimanche 21 janvier

A sept heures, j’ouvre les yeux au son de mon réveil. C’est tôt, mais j’ai envie d’arriver le plus loin possible aujourd’hui car je dois être demain soir à Paris. Une rapide douche pour me réveiller, un au revoir ensommeillé à Fabien et je me dirige vers mon spot de stop… Il fait frais ce qui m’oblige à effectuer un genre de danse sur place en sautant d’un pied sur l’autre. Je n’attends pas très longtemps et une première personne s’arrête et se propose de me conduire à la sortie de la ville sur une aire d’autoroute où j’aurai plus de chances. Malheureusement, cela s’avère assez faux et je me retrouve dans le froid à attendre désespérément une nouvelle voiture. L’avantage du stop, c’est que si l’on est patient, et il faut l’être lorsque l’on entreprend un voyage en stop, une voiture finit toujours pas s’arrêter à un moment ou à un autre. J’avance finalement d’une centaine de kilomètre avant d’arriver dans une nouvelle aire d’autoroute. Le soleil me chauffe faiblement en attendant mes bienfaiteurs suivants. Ils prennent la forme de trois jeunes hippies qui reviennent de la manifestion à laquelle j’ai assistée la veille, curieuse coïncidence. L’activité de l’un d’entre eux est l’équivalent des compagnons du devoir et il se forme dans toute l’Europe au gré des rencontres. Durant plusieurs années, il ne doit pas revenir à moins de cinquante kilomètres de chez lui. Une façon originale de s’obliger à découvrir le monde et à sortir de sa zone de confort.

Du fait de son style de vie, il pratique énormément le stop. Le gros avantage, c’est que contrairement aux conducteurs habituels qui pensent connaître les bons spots, lui les connaît vraiment. Je le vérifie rapidement, l’aire d’autoroute est immense et en moins de cinq minutes, une nouvelle personne s’arrête, elle se rend à Francfort… Magique ! Durant les quelques heures que je passerais en compagnie de cette personne, nous échangerons très peu. J’essaye au départ de discuter un peu en allemand mais ma conductrice n’y semble pas réceptive. Tant pis, c’est aussi ça le stop, s’adapter aux rencontres !

La fin de journée sera compliquée. En effet, je vais attendre plusieurs heures sur la même aire d’autoroute, dans le froid qui s’accentue avec la tombée de la nuit, jusqu’à me retrouver dans le noir complet. Je me rapproche du restaurant accolé à la station service afin de profiter un peu de sa luminosité mais rien n’y fait. Alors que j’envisage sérieusement de passer la nuit sur place, une voiture s’arrête enfin et se propose de me conduire à la gare de Karlsruhe.

J’avais envie de finir mon périple en stop mais tant pis, le froid, l’attente et mes impératifs du lendemain auront eu raison de moi. J’achète un ticket pour Offenbourg puis Strasbourg.

En quelques minutes, grâce à internet et notamment le réseau scout, je trouve un logement pour la nuit. Adèle, qui héberge déjà deux filles venues assister à un concert, se propose de m’accueillir. C’est la première fois que je découvre Strasbourg et le simple aller/retour que je ferais entre chez elle et la gare suffira à me donner envie d’y revenir explorer plus en détails ses ruelles piétonnes et les bords de l’Ill, la rivière qui traverse la ville.

Merci Adèle pour ton accueil et la nuit sous les toits strasbourgeois !!

 

Lundi 22 janvier

Pas de surprises en ce lundi matin puisque je vais rejoindre Paris en train. J’ai trouvé un Ouigo à 10 euros, difficile de faire du stop dans ces conditions. Je prends néanmoins le temps de prendre quelques photos de la ville sur le trajet qui me mène à la gare.

Bilan

  • 9 jours
  • 2900 kms en stop et 600 kms en train
  • 3 pays : France - Allemagne - Pologne
  • 6 villes étapes : Francfort - Dresde –  Łódź - Varsovie - Berlin - Strasbourg
  • des dizaines de conducteurs
  • des heures d’attentes…
  • mais que du bonheur !!!
Objectif Stop : Paris – Varsovie, le trajet retour via Berlin…

Objectif Stop : Paris – Varsovie, le trajet retour via Berlin…

Repris par mon train train quotidien dans la capitale française, je n’avais pas encore pris le temps de raconter mon trajet retour depuis Varsovie.

Vendredi 19 janvier

L’objectif de cette nouvelle journée est d’arriver le plus loin possible en stop. Malgré un réveil matinal à 7 heures, je me perds un peu dans la ville avant de trouver le bon bus pour me rendre au spot que j’avais identifié la veille sur internet. Il est donc 8h50 lorsque je commence à tendre le pouce.
Je suis sur une bretelle d’autoroute, juste après un gros croisement avec des feux de signalisation ce qui signifie que les voitures arriveront lentement et auront donc le temps de me voir et éventuellement de s’arrêter. L’attente commence mal car au passage d’un poids lourd, je recule pour lui laisser la place dans le virage et en posant mon pied dans la neige derrière moi, je me rends compte qu’il s’agit du caniveau, que j’ai mis le pied dans l’eau et que par zéro degré, ce n’est pas vraiment l’idéal. Je me vois ensuite obligé de remuer régulièrement les doigts de pieds afin d’éviter que le froid ne vienne trop me rappeler à ma condition d’autostoppeur.

Après une attente qui m’a semblé de toute façon trop longue, un camion s’arrête et me fait signe de monter. Des voitures le suivant de près, je ne réfléchis pas et saute dedans. A bord, je me rend compte que mon bienfaiteur ne parle pas un mot d’anglais. Je lui explique néanmoins via une carte et une application de traduction à peu près où je me rend et que j’aimerais qu’il puisse me déposer sur une aire d’autoroute avec une station service.
Sur le trajet, il essaye à de nombreuses reprises de trouver un collègue qui rendant en Allemagne via la cibie de son camion. Malgré de nombreux tentatives, il fera chou blanc. Il me déposera finalement à une sortie d’autoroute lambda, c’est-à-dire avec très peu de passage. Ce qui s’avérait donc en premier lieu une bonne attention, se finira malheureusement par me laisser au milieu de nulle part dans le froid. Heureusement, j’avais remarqué un panneau indiquant la prochaine aire d’autoroute avec station service à deux kilomètres. Pour y accéder, je passe par dessus le grillage délimitant l’autoroute et marche le long d’une petite route.
Malgré le froid, je retrouve des sensations propres à la marche, le sentiment de liberté, de savoir que j’ai tout ce qu’il faut sur le dos et que je suis bien chaussé pour marcher de nombreux kilomètres. La neige alentour augmente encore plus ce sentiment de pléinitude et je me surprends même à pousser la chansonnette.
Alors que j’aperçois la station service au loin, je me retrouve face à un ruisseau et je me sens comme Christopher McCandless dans le film Into The Wild, si près du but et en même temps si loin. J’envisage pendant un moment de sauter mais la petite voix de la raison emporte heureusement le débat et je commence à longer le cours d’eau en espérant trouver rapidement un moyen de le franchir. Ce fut finalement le cas avec un petit pont de bois si cher à Yves Duteil.
Me voici enfin à la sortie de l’aire d’autoroute où je peux de nouveau tendre le pouce. Je n’ai guère eu le temps de me réchauffer malgré ma marche et l’attente me frigorifie bien trop rapidement. Un couple de médecins polonais s’arrête pour me sortir de cette situation. Ils se rendent pour un week-end en amoureux à Poznan.

 

Chaque voiture qui s’arrête et peut m’avancer me redonne le moral, même si celle-ci ne fait que quelques dizaines de kilomètres. Alors quand j’avance d’un coup de 200 kilomètres, je suis aux anges. Je garde le cap « Allemagne » pour aujourd’hui et demande au couple de me déposer dans une aire d’autoroute avec une station service.

 

La suite de la journée se passera sans trop de souci car j’arriverai à rester à chaque fois sur l’autoroute et à me faire déposer à des endroits stratégiques. J’aurais par exemple la chance de rencontrer un jeune qui ne parlait pas un mot d’anglais mais qui appellera la moitié de son répertoire afin de trouver quelqu’un qui parle anglais car il voulait être sûr de me déposer au bon endroit, puis une mère de famille avec ses deux petites de 3 et 5 ans à l’arrière, qui se rendait à l’anniversaire d’une amie de ses filles.

 

Mon trajet se finira avec un allemand habitant Hambourg et qui venait d’acheter du bois en Pologne car beaucoup plus économique. Il me déposera en limite de Berlin où je passerai la nuit.

 

J’y retrouverai Wael, un ami syrien, rencontré lors de mon séjour en Suisse l’été dernier, qui y habite avec sa copine Anaïs. C’est une bonne surprise de les revoir, après les avoir hébergé en septembre à Paris.
Berlin est une ville immense qui couvre près de neuf fois la surface de Paris. Il me faudra près de deux heures pour rejoindre leur domicile à l’autre bout de la ville. Mais quel plaisir de se savoir attendu et de retrouver des ami.e.s !!

 

La soirée est d’autant plus sympa lorsque Fabien, qui vient de voir un post signalant que j’étais dans la capitale allemande via le célèbre réseau social mondialement connu, m’appelle pour me dire qu’il s’y trouve aussi. Rendez-Vous est pris pour le lendemain.

 

Je pensais continuer ma route dès le samedi, mais il faut aussi savoir s’arrêter et prendre le temps de profiter de ses ami.e.s, surtout quand ce n’était pas prévu.

 

Une longue et incertaine journée de stop qui se finira en beauté !!
Objectif stop : Paris – Varsovie, suite et fin

Objectif stop : Paris – Varsovie, suite et fin

Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, nous rejoignons nos hôtes pour un petit-déjeuner gargantuesque. Nous avons même le droit aux remerciements de Joasia qui nous explique que d’habitude elle ne prend pas le temps de manger le matin et que notre présence est une bonne occasion de ralentir un peu !! Que rêver de plus en terme d’accueil ?

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous laissons nos deux tourtereaux qui partent avec leurs caméras filmer un évènement pour leur travail. Nous nous dirigeons vers l’ambassade de France. Malgré sa façade de verre, celle-ci ressemble vraiment à un bunker avec ses contrôles de sécurité et sa grille de plusieurs mètres de haut.

Nous réussissons néanmoins à y rentrer et Laetitia récupère finalement son passeport.

Dans le hall d’accueil, Mathilde qui nous voit avec nos sacs à dos commence à discuter avec nous. Après quelques phrases échangées, elle nous propose de prolonger la discussion autour d’un café, que nous acceptons bien sûr sans hésiter. Elle est prof d’art plastique au lycée français et habite depuis 20 ans en Pologne. Nous passerons un moment très sympa en sa compagnie !

 

Sur le chemin pour rejoindre le centre-ville, alors que nous repassons près de l’ambassade, nous nous faisons aborder par Lucas, un polonais qui vient de s’installer à Varsovie depuis seulement quelques mois. Il parle un peu français et en nous entendant parler cette langue et en voyant le drapeau bleu-blanc-rouge, il y a trouvé une raison d’engager le dialogue.

Il nous accompagne dans notre découverte du centre-ville et des spécialités culinaires locales, les pierogis, des gros raviolis que l’on peut fourrer à ce que l’on souhaite.

 

Nous finirons cette journée en compagnie de Noé, un français ami d’ami de Laetitia, qui lui aussi habite depuis de nombreuses années en Pologne. Il nous fait découvrir une autre partie de la ville avec le centre culturel français et sa bibliothèque. C’est un personnage aux nombreuses facettes, tantôt musicien, tantôt joueur de jeux de société, il a su nouer des contacts et développer son réseau localement. C’est ainsi qu’il fait partie de plusieurs groupes de musique mais anime aussi régulièrement des après-midi jeux de sociétés pour des enfants après l’école.

Lorsque nous le quittons, la neige tombe sans discontinuer ! J’accompagne Laetitia au métro car elle s’en va en bus ce soir, direction Berlin, puis Münster…

De mon côté, j’ai comme objectif de revenir à Paris en stop. Départ le lendemain matin de bonne heure. En attendant, je vais chercher une auberge de jeunesse alors que les rues se couvrent de blanc et que la neige ne semble pas vouloir s’arrêter. En chemin, on me propose une entrée gratuite pour un club de strip-tease que je décline malgré l’insistance de la rabatteuse. L’auberge de jeunesse dans laquelle je termine ne paye pas de mine mais me suffira pour passer la nuit. Je passe ma première soirée seul depuis 5 jours et j’ai un petit coup de blues même si j’en profite pour me reposer avant ma longue journée de stop du lendemain.

A suivre…

 

Objectif stop : Paris – Varsovie, troisième et quatrième journée

Objectif stop : Paris – Varsovie, troisième et quatrième journée

Troisième journée : Dresde (Allemagne) – Łódź (Pologne)

Après cette bonne nuit à Dresde, nous nous levons motivés pour cette troisième journée de stop. Sur le trajet, nous déposons chacun nos premiers euros depuis le début de ce périple : 2,3 euros pour le tram et 2, 65 euros pour 3 Brötchen, des petits pains allemands… Nous traversons la ville pour retrouver l’entrée de l’autoroute. L’attente recommence et avec elle le froid qui s’insinue dans nos vêtements ainsi que la pluie qui se transforme en glaçons avec le froid.

Un arrêt de bus nous sert d’abri de fortune et nous alternons l’attente sur le bord de la route, le pouce tendu. Alors que nous désespérons vraiment de partir de Dresde aujourd’hui, une voiture qui ne paye pas de mine s’arrête finalement et son conducteur nous annonce se diriger vers la Pologne. Une fois installés à bord, nous n’arrivons pas vraiment à communiquer et ne comprenons pas si notre hôte parle allemand ou anglais.  Après quelques minutes de dialogue de sourd, il apparaît qu’il se dirige en fait vers Berlin à notre grand dam car les deux autoroutes se séparent quelques kilomètres plus loin et impossible de s’arrêter avant. Heureusement, et sans trop comprendre, notre chauffeur prendre la route vers la Pologne et nous avance de 40 kilomètres jusqu’à une aire avec une station service. Nous sommes un peu gêné mais cela nous arrange bien.

La journée continue et nous avançons sans trop de problèmes jusqu’à Wroclaw. Notre chauffeur, un tchèque, qui ne parle finalement pas autant anglais que nous le pensions, nous dépose dans le centre ville au lieu d’une station service sur le bord de l’autoroute comme nous le souhaitions. Il est 15h30 et nous devons arriver avant 18h30 à Łódź rejoindre Tristan, un ami de Laetitia ! Nous regardons sur google maps comment nous rendre à la sortie de la ville : prendre le tram 7 jusqu’au terminus. Le trajet dure 50 minutes. Nous n’avons pas de zlotys, la monnaie locale et essayons d’en avoir en échange de l’équivalent en euros. La première personne nous sort spontanément un ticket de sa poche tandis que la deuxième à qui nous demandons nous répond : « ah mais je vais vous en acheter un !! »

C’est ainsi que nous arrivons à l’autre bout de la ville. Il est 16h30 ! Durant une heure dans le froid, nous allons désespérer, pester, déprimer sur le bord de la route, juste à l’entrée de l’autoroute qui mène vers Lodz (chaque voiture qui passe devant nous peut donc forcément nous avancer même de quelques kilomètres). Une nouvelle heure plus tard, alors que nous avons abandonné l’idée d’arriver avant 18h30, une voiture s’arrête et nous voilà parti vers Łódź. Notre bienfaiteur parle relativement bien anglais et nous pouvons échanger avec lui. Il a une fille notamment qui se balade en stop et il est donc sensible à notre démarche. Il nous déposera à une rue de chez Tristan. Il est 20h, ce dernier revient vers 22h, nous nous dirigeons donc vers l’artère vivante de la ville dans le but de trouver un endroit où dîner.

Après plusieurs hésitations, nous jetons notre dévolu sur un restaurant qui attire notre regard. Après quelques minutes à l’intérieur, nous constatons rapidement que c’est un restaurant français. Sacré dépaysement culinaire (rires). Nous optons chacun pour le burger végétarien qui a l’originalité d’avoir un camembert entier en son milieu en lieu et place du steak. Les frites sont faites maisons et n’ont rien à voir avec celles d’un fast-food. Pour ce premier repas polonais, nous n’avons certes pas mangé local, mais au moins, c’était une bonne découverte.

A notre sortie du restaurant, la neige dépose son blanc manteau sur la ville pour notre plus grand plaisir. Je suis comme un enfant et ne peut m’empêcher de sourire bêtement !

Nous rejoignons finalement Tristan, notre hôte d’un soir avec qui nous passerons un bon moment à discuter. Il est freelance dans l’informatique et profite de sa mobilité géographique pour vivre à l’étranger et apprendre des langues. Après l’espagnol, c’est au tour du polonais !

Quatrième journée : Łódź - Varsovie

Réveil à 7h15, les voisins du dessus ont décidé de refaire leur salle de bain : respect du voisinage, zéro !! J’abandonne l’idée de me rendormir ! Notre objectif du jour est Varsovie, à moins de deux heures de route de Łódź. Nous pouvons donc profiter pleinement de notre matinée sans nous presser. Depuis le début de ce périple, nous n’avons pas vraiment pris le temps de se poser. Attendre sur le bord de la route et de surcroît dans le froid de l’hiver épuise le corps physiquement, mais aussi mentalement. Cette matinée de repos est donc la bienvenue !

Après un rapide déjeuner, direction la gare de tram pour ressortir de la ville. Nous continuons à faire confiance au site Hitchwiki pour le choix des spots de stop. Le ciel est d’un bleu intense et le soleil contrebalance un peu avec le froid environnant.

Nous tendons le pouce juste avant un arrêt de bus, les automobilistes n’ont pas d’excuses pour ne pas s’arrêter. Nous attendrons néanmoins un peu mais c’est finalement un monsieur en Porsche qui s’arrêtera.

On me demande souvent quels sont les profils des personnes qui s’arrêtent ! Je réponds assez naturellement qu’il n’y a pas un profil type et ce dernier covoiturage avant Varsovie va dans ce sens. C’est ainsi que nous rentrons dans la capitale polonaise à bord d’une voiture luxueuse.

Il est 15h30, nous nous dirigeons directement vers l’adresse de la compagnie de bus où est censer se trouver le passeport de Laetitia. Il s’avérera que c’est en fait le dépôt des objets trouvés. Des dizaines de clés et de porte-feuilles sans propriétaires nous attendent.

Après une rapide recherche, la réceptionniste nous annonce que le passeport a été envoyé à l’ambassade depuis septembre. Nous appelons l’ambassade pour vérifier. C’est bien le cas. Malheureusement il est trop tard pour y arriver avant la fermeture. Rendez-vous est prit pour le lendemain matin !

A défaut, nous nous rendons dans le centre ville pour arpenter rapidement les rues enneigées avant de nous diriger vers chez nos hôtes de ce soir, Joasia et Filip, un couple d’ami.e.s d’ami.e.s de Laetitia… Ils sont tout les deux polonais et ont lancé leur propre entreprise de vidéos 360° il y a environ deux ans. Ils nous font une démonstration avec un casque de réalité augmenté, c’est vraiment bluffant ! Ils adorent aussi jouer, nous avons décidément réussi à ne choisir que des hôtes qui aiment jouer, à notre plus grand bonheur !!

Objectif stop : Paris – Varsovie, deuxième journée

Objectif stop : Paris – Varsovie, deuxième journée

Cet article fait suite à une première journée de stop dont vous pouvez lire les péripéties ci-dessous !

 

Objectif stop : Paris - Varsovie, première journée

(suite)

La nuit fut un peu chaotique. Nous avons dormi sur un matelas gonflable deux personnes, ce qui en soit n’est déjà pas optimal pour passer une bonne nuit car dès qu’une personne bouge, l’autre rebondit. Le fait que le matelas était crevé et s’est dégonflé petit à petit tout au long de la nuit n’a pas arrangé cette situation.

Lorsque nous nous décidons à émerger vers 9 heures, notre hôte dort toujours ainsi que le reste de la maison. Avant de partir, nous laissons un mot de remerciements sur la table de la cuisine et partons sans croiser âme qui vive. Nous sommes malheureusement au milieu d’une zone industrielle et l’entrée de l’autoroute se situe à environ 10 kilomètres de là.
Nous partons donc à pied en essayant de faire du stop le long de la route. Nous essayons de récupérer de la nourriture en chemin, dans les poubelles d’un supermarché mais qui s’avéreront vides puis auprès d’une boulangerie mais qui n’a plus de pain de la veille.
Finalement, une mère de famille qui vient de déposer sa fille à la clarinette, nous amène à la sortie de la ville, au départ de l’autoroute en question. Le trajet dure moins de 15 minutes mais nous avons le temps d’apprendre que toute la famille est mélomane et que pour le réveillon, ils ont joué tous ensemble dans leur maison de famille, entre guitare, clarinette, batterie et chant…
Malheureusement le spot n’est pas optimal, les voitures n’ont pas de quoi s’arrêter et l’embranchement dessert 3 directions différentes.
Une heure plus tard, personne ne s’est arrêté, nous avons froid et commençons à envisager d’aller nous réchauffer dans un centre commercial voisin. Nous tendons néanmoins le pouce pour les dernières voitures qui passent et là le miracle opère et une voiture s’arrête. Elle va à l’aéroport de Francfort. Sans même regarder si c’est une bonne idée ou non, nous sautons sur l’occasion.
Arrivés à l’aéroport, nous changeons de terminal. Il est toujours étrange pour moi de me rendre dans un aéroport et d’en repartir par voie terrestre… Cela amène une certaine frustration chez moi !
Au terminal 1, nous nous plaçons à la sortie du parking des arrivées. Les voitures ne peuvent ainsi nous louper. Le temps passe et les quelques voitures qui s’arrêtent se dirigent vers le centre de Frankfurt. Il est déjà 14h, nous avons rendez-vous à 18h30 à Dresde chez Christoph et Robert. Il y a 5 heures de route, Nous n’avons pas encore bougé de Francfort. Le moral est au plus bas, nous avons froid et faim. Nous rentrons nous réchauffer à l’intérieur du terminal quelques minutes. J’en suis au point où je regarde les trajets éventuels via blablacar.
Le stop a cette faculté à jouer avec nos émotions. Nous retournons tendre le pouce et en quelques minutes, une voiture s’arrête et nous propose de nous déposer sur l’autoroute au niveau d’une station service à une quarantaine de kilomètres au nord de Francfort. C’est reparti !
A peine déposé au niveau de la station service, nous trouvons un conducteur qui se rend après Chemnitz, à moins d’une heure de Dresde. Le moral augmente encore d’un cran. Je suis très mauvais en voitures, je ne saurais donc vous dire le modèle qu’il conduisait mais ce dont je suis sûr, c’est qu’à 170 kms/h, on ne sentait pas la vitesse. A ce rythme là et avec une pointe à près de 200 kms/h, notre bienfaiteur nous dépose à 20 minutes de notre destination finale. Le temps de se réchauffer rapidement, nous retrouvons immédiatement un conducteur qui nous dépose devant chez Christoph et Robert. Il est 18h05 ! Je n’aurai jamais pensé lorsque à 14h que nous puissions arriver à destination, et encore moins en avance !
Christoph est mon correspond allemand de 3ème avec qui j’ai gardé contact depuis près de 16 ans. C’est donc un plaisir de le revoir. Il parle très bien français et Robert, son mari, plus anglais. Nous passons donc la soirée à discuter dans ces deux langues (avec un peu d’allemand de temps en temps). Nous finissons par sortir les jeux de société, signe d’une soirée réussie !
Nous nous endormons au chaud, dans un bon lit, la magie du stop a encore opéré !
Objectif stop : Paris – Varsovie, première journée

Objectif stop : Paris – Varsovie, première journée

En revenant à Paris en septembre 2017 et en m’y installant (comprendre prendre un appartement avec un bail d’un an, une première pour moi), j’avais dans l’idée de passer un an sans voyager afin de remettre des sous de côté avant mon prochain départ. C’était sans compter sur ma rencontre avec Laetitia, rencontrée lors d’une soirée jeux, qui au détour d’une conversation me lance : « j’ai oublié mon passeport dans un bus polonais, il a été récupéré par la compagnie de bus et se trouve à présent à Varsovie! » Ni une, ni deux pour que l’idée d’y aller en stop émerge.

C’est ainsi que l’on se retrouve sur le quai du RER A à Bussy Saint Georges en ce dimanche matin du 14 janvier. Direction l’entrée de l’autoroute A4 qui se trouve à une petite vingtaine de minutes à pied. Ce spot n’a pas été choisi au hasard, mais conseillé de longue date sur le site Hitchwiki, la bible de l’autostoppeur, qui répertorie entre autre les meilleurs endroits pour faire du stop au départ de nombreuses grandes villes.

Il ne fait pas bien chaud, mais nous sommes couverts en conséquences, et surtout, il fait super beau !

Rapidement, une première voiture s’arrête et nous propose de nous déposer sur l’aire d’autoroute à quelques kilomètres de là. Nous sautons sur l’occasion car celle-ci comporte une station service et c’est un spot parfait pour trouver des conducteurs. En effet, ceux-ci sont à l’arrêt et nous pouvons les aborder pour leur demander directement s’ils sont d’accord pour nous prendre en stop.

Au delà de faire du stop, nous avons comme ambition durant ce voyage, de ne pas dépenser un centime. Non pas pour des raisons de radinerie mais bien parce que faire le pari de voyager sans argent, c’est faire le pari que l’Homme est humainement bon et que nous nous en sortirons quoi qu’il arrive. Cela a aussi pour intérêt de nous forcer à aborder des inconnu.e.s et donc à créer des liens.

Sur cette première aire d’autoroute, je me lance et je vais expliquer notre démarche dans la petite supérette. La réponse est immédiate : nous n’avons pas le droit, si vous vous empoisonnez ensuite, nous pourrions avoir des problèmes !

Réponse tout à fait recevable même si nos estomacs ne sont pas d’accord 🙂

Nous abordons ensuite plusieurs personnes et l’une d’entre elle me répond non car elle n’est pas d’humeur. Pour finalement dix minutes plus tard, me dire d’accord car elle a eu pitié de nous à nous voir tourner en rond. Heureusement pour nous car finalement dix minutes à attendre en stop, c’est comme si ce n’était rien.

Durant le trajet jusqu’à Reims, nous apprendrons que c’est la première fois qu’elle accepte de prendre des auto-stoppeurs. L’aspect « couple », qu’il soit avéré ou non, à largement joué dans son choix final. Si j’avais été tout seul, je serais encore sur le bord de la route !

Ensuite tout s’enchaîne assez rapidement pour cette première journée de stop. Nous avons chacun l’habitude et des bons réflexes : toujours s’assurer que l’on pourra se faire déposer sur une aire d’autoroute avec une station service !

Mais même avec une certaine expérience, on peut néanmoins parfois faire des mauvais choix ! C’est le cas en arrivant près de la frontière franco-allemande. Il faut dire que l’enchevêtrement des autoroutes à ce niveau est toujours un casse tête pour les pouceurs (comprendre ceux qui tendent le pouce).

On accepte un trajet qui nous amène de l’autre côté de la frontière, mais du côté du Luxembourg. C’est ainsi que l’on se retrouve à une station de service à la hauteur de Schengen et que par la même occasion, nous apprenons l’existence de cette ville. Nous connaissions bien entendu l’espace du même nom puisque nous en profitons allègrement pour voyager au sein de l’Union Européenne simplement armés de notre carte d’identité, mais nous ignorions l’un comme l’autre, que c’était une ville du Luxembourg !

A partir de ce moment là, notre efficacité horaire bat de l’aile. Cette station service voit arriver à la fois des Français, des Luxembourgeois et des Allemands. Pas facile donc de trouver chaussure à son pied. Nous trouverons finalement un couple de français qui est venu rendre visite à des ami.e.s au Luxembourg et qui rentre chez lui en France, mais en passant par l’Allemagne car c’est plus rapide. Ils connaissent une station service un peu avant Saarbruck, qui paraît-il sera un spot parfait !

Le stop implique de faire confiance, notamment lorsque nous ne connaissons pas le coin. Des personnes qui n’ont jamais fait de spot, imaginent parfois que certains endroits sont parfait alors que dans les faits, ils ne le sont pas du tout. C’est le cas de cette station service car elle est petite et juste avant Saarbrucken. Ce qui signifie que peu de personnes s’y arrêtent. Nous décidons de rentrer nous réchauffer à l’intérieur en attendant de repartir. Si nous ne trouvons personne, nous ne pourrons pas en repartir car le seul moyen d’accès est la voie rapide qui mène à la station service.

Là encore, le fait que nous puissions aborder directement les personnes joue en notre faveur et nous trouvons des français qui acceptent de nous déposer à Sarrebruck, aux abords de l’autoroute qui va vers Francfurt.

Une fois en ville, il est déjà 17h, il fait quasiment nuit, mais au moins nous sommes dans une grande ville et si nécessaire, nous pouvons nous y arrêter.

Notre bonne étoile est avec nous puisque une conductrice s’arrête, elle se rend à Kaiserlautern, à mi chemin vers Francfurt. C’est notre objectif du jour car cela nous permettait de parcourir 500 kilomètres dans la journée ce qui nous semble une bonne moyenne.

En chemin, nous comprenons que là encore, c’est la première fois qu’elle prend des autostoppeurs et que c’est dû au fait que nous étions une femme et un homme. Lorsque nous lui expliquons que nous souhaitons nous rendre à Francfurt le soir même mais que nous n’avons pas encore de logement, elle décroche spontanément son téléphone pour appeler sa soeur qui y habite. Malheureusement, celle-ci refuse !

Lorsqu’elle nous dépose à Kaiserlauder, il fait totalement nuit et la route sur laquelle elle nous dépose, bien que direct pour retourner sur l’autoroute pour Francfurt, ne présente aucun endroit pour s’arrêter en sécurité.

Après 30 minutes à attendre le pouce tendu, nous sommes frigorifiés. Nous décidons de nous accorder une petite pause et allons nous réchauffer au Burger King se situant à une centaine de mètres de là.

Ce voyage est l’occasion d’expérimenter de nombreuses premières fois : première fois que j’expérimente le stop à deux, première fois que je fais du stop sur une aussi grande distance sans avoir de points de chutes définis au milieu et première fois que je pars avec l’idée de ne pas dépenser d’argent pour me nourrir.

Au Burger King, nous expérimentons donc le grappillage ou l’art de se nourrir des restes laissés par les précédents clients. La technique est assez simple. Nous nous rendons à l’étage afin d’être un peu discret et regardons discrètement les plateaux au niveau de la desserte. Notre butin est très frugal puisque nous récupérons seulement quelques frites… froides…

Le ventre toujours vide et le moral dans les chaussettes, nous décidons de retourner faire du stop durant une demi heure avant de renoncer et de trouver un hébergement sur place pour la nuit.

Et juste au moment où nous désespérons vraiment, une voiture s’arrête à notre hauteur et à la lecture de notre panneau s’exclame « Francfort ? Oui montez je m’y rends! » Le stop à ce pouvoir de jouer au yoyo avec nos émotions.

C’est ainsi que nous finirons la journée dans une colocation de 15 personnes, nous serons nourri et logé et passerons une super soirée à discuter et à jouer à des jeux de société. Que demandez de plus ?

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